Le groupe automobile Volkswagen a enregistré une perte opérationnelle de 5,9 milliards d'euros au troisième trimestre 2026, un résultat nettement plus dégradé que les prévisions, qui tablaient sur 2,6 milliards de pertes. Ce bilan, rapporté par Caradisiac, s'explique par près de 8 milliards d'euros de charges exceptionnelles ainsi que par un recul simultané du chiffre d'affaires et des volumes vendus.
Cette dégradation marque une aggravation rapide de la situation du constructeur. Sur la même période de l'année précédente, la perte s'élevait à 1,3 milliard d'euros. Le chiffre d'affaires du trimestre a reculé de 6,3 % et les ventes de 2,2 %, selon des données également relayées par Les Echos.
Un redressement fragilisé par la Chine et les États-Unis
Deux marchés concentrent les difficultés du groupe. En Chine, Volkswagen est passé d'un bénéfice de 5 milliards d'euros en 2016 à une perte de 115 millions l'an dernier, une inversion complète de trajectoire qui illustre la perte de compétitivité des constructeurs européens face aux acteurs locaux. Le dirigeant de Volvo, Håkan Samuelsson, a résumé cette réalité devant les analystes le 24 octobre dernier.
La Chine est désormais hors de portée des constructeurs occidentaux.
Les droits de douane américains constituent le second facteur de pression. Pour s'y soustraire, la filiale Audi prévoit la construction d'une usine en Géorgie, avec un investissement annoncé de 4,2 milliards de dollars et une capacité de production visée de 200 000 véhicules par an. Cette annonce, faite par le directeur général d'Audi, Gernot Döllner, est intervenue dans un contexte politique sensible, au moment même où le syndicat IG Metall négociait les suppressions d'emplois avec la direction du groupe.
Un plan de restructuration de grande ampleur
Le groupe a engagé la suppression de 100 000 postes sur un effectif total de 680 000, une mesure d'ampleur inédite pour l'industrie automobile allemande. Oliver Blume, président du directoire, entend par ailleurs maintenir la présence en Chine, notamment par l'adaptation des modèles aux attentes locales et par le partenariat conclu avec XPeng.
À ces ajustements s'ajoute un programme d'investissements de 9 milliards d'euros destiné à rénover les usines allemandes et à en construire de nouvelles, une orientation qui témoigne de la volonté de la direction de préserver l'appareil industriel national. Auto Plus souligne qu'il s'agit du pire trimestre du constructeur depuis plus de dix ans, aggravé par la dépréciation liée à Porsche.
Quelles conséquences pour l'industrie européenne ?
La trajectoire de Volkswagen interroge plus largement la capacité de l'industrie automobile européenne à demeurer compétitive dans un environnement mondialisé. Le refus de la direction d'abandonner ses deux principaux marchés extérieurs repose sur une analyse claire: ne conserver que l'Europe, une partie de l'Asie et l'Amérique du Sud condamnerait le groupe à perdre sa deuxième place mondiale et à s'appuyer sur des régions insuffisamment rentables.
Ce choix stratégique appelle une réponse publique ambitieuse au niveau européen, tant sur le soutien à l'innovation que sur la maîtrise des coûts de l'énergie et des matières premières. La réindustrialisation ne se décrète pas: elle se finance, se planifie et s'inscrit dans la durée. Le cas Volkswagen rappelle que l'avenir industriel du continent se joue aussi sur la capacité des pouvoirs publics à accompagner les transitions sectorielles avec constance et pragmatisme.
Questions fréquentes
Quel est le montant des pertes de Volkswagen au troisième trimestre 2026 ?
Le groupe a enregistré une perte opérationnelle de 5,9 milliards d'euros, contre 2,6 milliards attendus par les analystes et 1,3 milliard sur la même période un an plus tôt.
Combien de suppressions de postes sont prévues chez Volkswagen ?
Le plan prévoit la suppression de 100 000 postes sur les 680 000 que compte le groupe.
Quels sont les principaux marchés en difficulté pour Volkswagen ?
La Chine, où le groupe est passé d'un bénéfice de 5 milliards d'euros en 2016 à une perte de 115 millions l'an dernier, et les États-Unis, en raison notamment des droits de douane.
Quels investissements Volkswagen prévoit-il pour redresser la situation ?
Le groupe entend investir 9 milliards d'euros pour rénover ses usines allemandes et en construire de nouvelles, dont une usine Audi en Géorgie d'un coût de 4,2 milliards de dollars.
