Deux nouvelles journées de mobilisation sont attendues à Aix-en-Provence les samedi 31 octobre et jeudi 5 novembre, alors que la préfecture de police déléguée a interdit les manifestations non déclarées en centre-ville dans les Bouches-du-Rhône. Selon LaProvence.com, les organisateurs du mouvement des Gilets jaunes maintiennent néanmoins leur appel à un rassemblement place de la Rotonde à partir de 13 heures, après deux précédents rassemblements les 17 et 24 octobre.
Cette séquence illustre la persistance de la contestation sociale dans le département et pose la question de la réponse des pouvoirs publics à des revendications qui mêlent pouvoir d'achat, services publics et questions étudiantes.
Un rassemblement citoyen maintenu malgré l'interdiction préfectorale
Le rassemblement du 31 octobre, présenté par ses organisateurs comme un acte citoyen, devrait se tenir en début d'après-midi côté Rotonde. Un second rassemblement, sous la forme d'une soirée Halloween, est prévu à 19 heures au stade Maurice-David. Karim, membre du collectif Convergence citoyenne 13, décrit une manifestation qui se veut, selon ses termes, « bon enfant ».
« En tout cas, pas comme ils disent à la télé, où ça va piller et casser car ce n'est pas du tout notre objectif. »
Interrogé par LaProvence.com, ce membre du collectif souligne le caractère pacifique des précédentes éditions aixoises, sans trouble notable à l'ordre public malgré l'interdiction préfectorale. Il observe également une diversification du public : beaucoup de jeunes lors du premier rassemblement, puis des familles et des retraités les samedis suivants.
Des syndicalistes devraient rejoindre les rangs de ce rassemblement, sans que les forces syndicales n'aient déposé de demande en préfecture, précise le journal régional. La Ville d'Aix-en-Provence a publié ses informations et mesures en vigueur pour la journée du 31 octobre, afin d'informer les habitants sur les dispositions appliquées.
Des revendications sociales élargies
Le collectif Convergence citoyenne 13 affiche des exigences sociales et salariales, auxquelles s'est ajoutée, après l'attentat raciste de Trappes, la lutte contre le racisme. Karim, ambulancier de profession, annonce une détermination de long terme.
« Même s'il y a des élections dans six mois, on ne rentrera pas chez nous tant que nos revendications ne seront pas entendues. »
L'intersyndicale aixoise (CGT, FSU, FO, Union étudiante, CFDT) a tenu une conférence de presse le jeudi 29 octobre pour annoncer la suite de la mobilisation, rapporte LaProvence.com. Aurélie Zanutto, représentante de l'union locale CGT du pays d'Aix, distingue clairement les deux rendez-vous : le 31 octobre est un rassemblement à l'appel des citoyens, tandis que le 5 novembre sera « la manifestation des travailleurs ».
Le 5 novembre, une convergence des luttes
Cinq jours après ce qui constitue l'acte III du mouvement des Gilets jaunes à Aix, l'intersyndicale appelle à une « convergence des luttes ». Aurélie Zanutto énumère les revendications portées par les travailleurs : le budget, le point d'indice des fonctionnaires, la hausse générale des salaires et le pouvoir d'achat, ainsi que de meilleurs services publics, notamment à l'hôpital et pour l'éducation.
Le secrétaire général de l'Union étudiante Aix-Marseille, Younès Dufresne, exprime une vive critique des annonces gouvernementales à destination des étudiants.
« Les annonces du gouvernement sont tout simplement indignes ! C'est un pied de nez à la mobilisation que nous tenons depuis plus d'un mois. On est effarés, mais ça nous détermine davantage. »
Quelles sont les demandes étudiantes ?
Les organisations étudiantes formulent des demandes précises : la suppression des plateformes Parcoursup et MonMaster, ainsi que 250 000 places supplémentaires à l'université. Aurélie Zanutto estime pour sa part que les réponses apportées par le gouvernement aux étudiants ne sont « pas à la hauteur des enjeux et des besoins ».
La mobilisation s'inscrit dans un contexte départemental plus large. Comme le rapporte Mesinfos concernant Marseille, les syndicats préparent une nouvelle grande journée de mobilisation pour le jeudi 5 novembre, tandis que des restrictions spécifiques s'appliquent dans plusieurs communes. Le média ICI indique que des mineurs non accompagnés ont interdiction de circuler sur la voie publique dans certains secteurs de cinq communes des Bouches-du-Rhône, dont Marseille, Aubagne, Cabriès, Aix-en-Provence et Les Pennes-Mirabeau.
Quel cadre pour l'action publique face à une contestation durable ?
Cette double séquence pose un défi classique de gestion publique : concilier le maintien de l'ordre, garanti par les arrêtés préfectoraux, avec le droit constitutionnel de manifestation. Les précédents rassemblements aixois, déroulés sans heurt majeur selon les informations de LaProvence.com, suggèrent une capacité de dialogue local encore opérationnelle entre les acteurs de la mobilisation et les autorités.
Pour l'heure, aucune réponse gouvernementale aux revendications n'a été annoncée. Les organisateurs, qu'ils soient citoyens, syndicalistes ou étudiants, affirment leur intention de poursuivre la mobilisation au-delà de ces deux journées, avec pour horizon les échéances électorales prévues dans six mois.
Questions fréquentes
Où et quand se tiennent les rassemblements du 31 octobre à Aix-en-Provence ?
Un rassemblement citoyen est appelé place de la Rotonde à partir de 13 heures, suivi d'une soirée Halloween au stade Maurice-David à 19 heures, malgré l'interdiction préfectorale des manifestations non déclarées en centre-ville.
Quelles sont les revendications portées le 5 novembre ?
L'intersyndicale réclame des mesures sur le budget, le point d'indice des fonctionnaires, la hausse générale des salaires et l'amélioration des services publics, notamment à l'hôpital et dans l'éducation.
Que demandent les organisations étudiantes ?
Elles demandent la suppression des plateformes Parcoursup et MonMaster, ainsi que la création de 250 000 places supplémentaires à l'université.
