Un incendie industriel d'ampleur exceptionnelle a touché, mercredi 28 octobre 2026, l'usine Vandemoortele de Torcé, près de Vitré, en Ille-et-Vilaine. Le feu, déclaré en début d'après-midi dans l'une des trois unités de production du site spécialisé dans les viennoiseries surgelées, a mobilisé jusqu'à 125 pompiers issus de 22 casernes, pour une intervention qui s'est prolongée au-delà de 24 heures.
Le sinistre s'est produit alors que l'usine était à l'arrêt pour une maintenance programmée, en présence d'un intervenant extérieur, selon le communiqué de l'entreprise rapporté par Ouest France. Si le feu a semblé maîtrisé dans un premier temps, il a repris en soirée et a causé d'importants dégâts sur le site, tout en épargnant les zones de stockage frigorifique.
Un feu difficile à localiser dans un environnement industriel complexe
Le directeur du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis 35), Jean Moine, décrit une situation rare. L'origine du feu se situait dans un environnement industriel particulièrement complexe : machines, bandes transporteuses, grandes hauteurs, avec des fumées froides, blanches, au ras du sol.
« Ce n'est pas comme dans un feu de maison où l'on voit un canapé qui brûle », a-t-il expliqué. Tous les moyens disponibles ont été déployés, notamment des caméras thermiques, afin de localiser les foyers dans une architecture de bâtiment peu lisible depuis l'extérieur.
Le responsable départemental avance, à ce stade, une explication possible à la reprise du feu : une accumulation de gaz chauds en partie haute du bâtiment, entre 21 heures et 22 heures. L'enquête qui suivra déterminera les circonstances exactes du sinistre.
Un embrasement généralisé en un quart d'heure
« En environ 15-20 minutes, tout s'est embrasé », a confirmé Jean Moine, soulignant la rapidité extrême du phénomène. Le dispositif de secours a été monté en puissance immédiatement, les équipes étant déjà présentes sur place lorsque l'embrasement généralisé s'est produit.
Une vingtaine de lances ont été utilisées, de plain-pied ou montées sur moyens aériens, en direction des foyers comme en protection des installations techniques et des espaces non embrasés, disposées tout autour du bâtiment.
Le directeur du Sdis 35 a salué le professionnalisme, l'engagement et la technicité des pompiers mobilisés. Jeudi 29 octobre à 17 h 30, une vingtaine de personnels demeuraient encore sur place, avec des moyens hydrauliques, pour la surveillance et l'extinction des derniers foyers.
Aucune victime grave, un impact environnemental limité
Aucun pompier n'a été blessé au moment de l'embrasement. Deux pompiers du pays de Vitré ont toutefois été blessés mercredi après-midi, l'un au genou, l'autre victime d'un malaise ; ce dernier a pu quitter l'hôpital dès le jeudi.
L'entreprise ne déplore aucune victime parmi ses collaborateurs. Trois personnes, une équipe de maintenance et un prestataire intervenant dans le cadre de la maintenance, ont été évacuées et prises en charge pour une légère inhalation de fumée.
L'impact au-delà du site est resté limité. Aucune zone d'habitation dense ne se trouve à proximité, ont indiqué les secours. Les relevés de toxicité des fumées se sont révélés négatifs et la voie express n'a pas été coupée.
La prévention a joué son rôle
Les zones de stockage frigorifique ont été préservées, selon le premier bilan de l'entreprise. Jean Moine attribue ce résultat aux mesures de prévention mises en place par le site, notamment des murs coupe-feu qui ont été refroidis pendant l'intervention, ainsi qu'à l'action des pompiers.
Cet épisode illustre l'efficacité des dispositifs de sécurité industrielle réglementaires et de la préparation des services de secours face aux risques des installations agroalimentaires. La combinaison entre équipements passifs de protection et engagement opérationnel des sapeurs-pompiers a permis de circonscrire un sinistre qui aurait pu affecter l'intégrité du site.
Les étapes à venir pour le site de Torcé
L'entreprise Vandemoortele, implantée à Torcé depuis 1985 (le site était auparavant connu sous le nom de Panavi), aborde désormais une nouvelle étape : celle des expertises, puis de la reconstruction du bâtiment sinistré, désigné sous le nom de Torcé 3.
La reprise de l'activité de production dépendra des conclusions de l'enquête sur l'origine du feu et de l'ampleur des travaux nécessaires. Les deux autres unités de production, épargnées par l'incendie, devraient permettre de maintenir une partie de l'outil industriel en fonctionnement.
Questions fréquentes
Quand l'incendie de l'usine Vandemoortele de Torcé s'est-il déclaré ?
Le feu s'est déclaré mercredi 28 octobre 2026, en début d'après-midi, dans l'une des trois unités de production du site de Torcé, près de Vitré, en Ille-et-Vilaine.
Combien de pompiers ont été mobilisés ?
Au plus fort de l'intervention, 125 pompiers venus de 22 casernes ont été mobilisés, avec une vingtaine de lances déployées autour du bâtiment.
Y a-t-il des victimes ?
Aucune victime grave n'est à déplorer. Trois personnes ont été prises en charge pour une légère inhalation de fumée, et deux pompiers ont été blessés, l'un au genou, l'autre victime d'un malaise, ce dernier ayant quitté l'hôpital dès le jeudi.
Quelle est l'ampleur des dégâts ?
L'incendie a causé d'importants dégâts au bâtiment Torcé 3, mais les zones de stockage frigorifique ont été préservées grâce aux murs coupe-feu du site et à l'action des pompiers. La reconstruction suivra la phase d'expertises.
