À la veille de la conférence sociale qui s'ouvre à Matignon, le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, s'est déclaré favorable, dimanche 8 novembre, à une hausse du Smic au-delà de 1.500 euros net, tout en écartant toute revalorisation susceptible de dégrader l'emploi.
S'exprimant dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche, dont le contenu a été repris par BFMTV, le ministre a confirmé qu'il remettrait au Premier ministre une proposition visant à « réenclencher la dynamique salariale sur le Smic et au-delà, à tous les niveaux de rémunération ». Le salaire minimum net s'établit actuellement à 1.477,93 euros par mois.
Une hausse encadrée par la préservation de l'emploi
Le cadrage retenu par le ministre est explicite : franchir le seuil symbolique des 1.500 euros net, sans aller au-delà de ce que la situation du marché du travail peut supporter. « Je ne proposerai pas de mesure qui nuirait à l'emploi », a affirmé Jean-Pierre Farandou, qui a chiffré l'impact d'une revalorisation portée à 1.700 euros net : plus de 230.000 emplois détruits selon son évaluation.
« On peut augmenter le Smic à condition de ne pas nuire à l'emploi », a-t-il insisté, rappelant que le chômage repart à la hausse et que l'insertion professionnelle des jeunes demeure difficile. « Préserver l'emploi est aussi une responsabilité sociale », a-t-il ajouté.
Le ministre a également mis en garde contre le risque inflationniste d'une hausse trop importante, qui pourrait être « répercutée sur les prix de vente » et aggraver « le coût de la vie », fragilisant de surcroît les entreprises les plus exposées.
Un calendrier resserré
Sur le calendrier, Jean-Pierre Farandou a exprimé une préférence pour une application rapide, évoquant une entrée en vigueur possible dès le 1er décembre, sous réserve que les discussions aboutissent rapidement. « Il ne faut pas perdre de temps », a-t-il déclaré.
La mesure concernerait directement plus de 2 millions de salariés rémunérés au Smic. Le ministre a par ailleurs indiqué son intention d'encourager les négociations annuelles obligatoires dans les entreprises et les branches professionnelles, qui couvrent « l'ensemble des 21 millions de salariés du secteur privé ».
Un arbitrage sous tension entre les syndicats
Cette prise de position intervient dans un contexte de fortes demandes syndicales. La CGT réclame une hausse immédiate de 10 % du salaire minimum, soit environ 150 euros supplémentaires par mois, tandis que la CFDT plaide pour une revalorisation de 100 euros nets mensuels, comme le rapporte Head Topics.
La conférence sociale de Matignon réunira le Gouvernement, le patronat et les organisations syndicales autour des questions de pouvoir d'achat et de salaires. Le montant de l'augmentation du salaire minimum demeure, selon La Tribune, le principal point de crispation de ces négociations.
Prime d'activité et minima sociaux : des garanties annoncées
Interrogé sur les conséquences d'une hausse du Smic sur la prime d'activité, le ministre a tenu à rassurer les bénéficiaires : « La hausse du salaire minimum n'annule pas le montant de prime d'activité touché. » Il a rappelé que cette aide, dotée de 11 milliards d'euros, constitue une « politique publique majeure » destinée à « garantir que le travail paie plus que l'inactivité ». Elle a été revalorisée de 50 euros par mois au 1er juillet dernier.
Jean-Pierre Farandou a également confirmé la reconduction de la prime de Noël, dont le versement interviendra le 15 décembre au profit de 2,3 millions de foyers. Son montant s'élèvera à 152 euros pour une personne seule, 228 euros pour un foyer de deux personnes et 275 euros pour trois personnes, selon une enveloppe budgétaire de 450 millions d'euros.
Le projet de budget 2027 prévoit en outre de protéger « à 100 % de l'inflation tous les minima sociaux », ainsi que les petites retraites, a précisé le ministre.
Questions fréquentes
Quel est le montant actuel du Smic net en France ?
Le Smic mensuel net s'élève actuellement à 1.477,93 euros, selon les chiffres rappelés par le ministre du Travail.
Quelle hausse du Smic Jean-Pierre Farandou propose-t-il ?
Le ministre souhaite que la revalorisation permette de franchir le seuil des 1.500 euros net, tout en excluant toute mesure qui nuirait à l'emploi.
Quand la hausse du Smic pourrait-elle entrer en vigueur ?
Jean-Pierre Farandou a évoqué une entrée en vigueur possible dès le 1er décembre, à condition que les discussions aboutissent rapidement.
La hausse du Smic supprimera-t-elle la prime d'activité ?
Non, selon le ministre : la hausse du salaire minimum n'annule pas le montant de la prime d'activité perçue par les ménages concernés.
