Le gouvernement envisage d'avancer l'augmentation du SMIC et de lui ajouter un « coup de pouce », une décision inédite depuis quatorze ans, afin de répondre à la tension sociale montante. Selon RTL.fr, qui révèle cette piste le 28 octobre 2026, le relèvement pourrait atteindre 1,5 % au lieu du 1 % prévu par la mécanique d'indexation automatique.
L'annonce, si elle est confirmée, interviendrait dans un contexte de mobilisation sociale large, où l'exécutif cherche des réponses immédiates en matière de pouvoir d'achat. Le geste, dont l'effet économique resterait mesuré, s'inscrit néanmoins dans une logique de signal politique fort.
Comment fonctionne le « coup de pouce » sur le SMIC ?
Le SMIC est revalorisé chaque année au 1er janvier en fonction de l'inflation, avec une révision possible en cours d'année si les prix franchissent un seuil défini. Le coup de pouce consiste à aller au-delà de cette revalorisation automatique. Sur les cinq dernières années, la hausse cumulée du salaire minimum dépasse déjà 20 %, soit environ 300 euros bruts supplémentaires par mois, comme le rappelle une analyse publiée par Le Figaro.
Un coup de pouce n'a plus été décidé depuis quatorze ans. Cette rupture avec la pratique récente témoigne de la volonté gouvernementale de marquer, par un acte réglementaire, sa prise en compte du mécontentement social.
Un gain de l'ordre de 20 euros nets par mois
D'après les discussions menées au ministère du Travail avec les syndicats et le patronat, rapportées par RTL.fr, le relèvement envisagé serait de 1,5 %, soit un bonus de 0,5 point par rapport à l'indexation automatique. En pratique, le gain ressortirait à environ 20 euros nets par mois, contre 14 euros sans mesure supplémentaire. Le salaire minimum approcherait ainsi les 1 500 euros mensuels.
Pour les salariés contraints à un budget au plus près, ces quelques euros comptent. Ils ne modifient toutefois pas structurellement le pouvoir d'achat des ménages concernés.
Une réponse ciblée à une contestation plus large
La mesure ne concernerait que les 2,5 millions de salariés rémunérés au SMIC. Elle laisserait hors de son champ les revenus intermédiaires, notamment les classes moyennes modestes qui expriment, elles aussi, un malaise économique et fiscal.
Le risque, pour l'exécutif, est celui d'une réponse trop étroite face à une colère diffuse : le coup de pouce enverrait un signal en direction des ménages les plus modestes, sans répondre à l'ensemble des griefs exprimés. Son impact serait ciblé, limité et vraisemblablement insuffisant, à lui seul, pour apaiser la tension sociale. Actu.fr rapporte que les syndicats réclament d'ailleurs un relèvement à la hauteur de la crise sociale actuelle, au-delà du simple pourcentage automatique.
Quel coût pour les entreprises ?
La hausse serait supportée par les employeurs. Avant même cette hypothèse, les organisations patronales alertaient déjà l'exécutif sur les effets des mesures prévues dans le budget de l'État, qu'elles évaluent à 550 euros de coût du travail supplémentaire par salarié, avec 200 000 emplois menacés selon leurs calculs.
Michel Picon, président de l'U2P, estime que le coup de pouce sur le SMIC représenterait un surcoût de 2,5 milliards d'euros par an. Cette charge pèserait particulièrement sur les très petites entreprises, qui emploient la proportion la plus élevée de salariés au salaire minimum et disposent de faibles réserves de trésorerie.
Du côté du Medef, le président Patrick Martin n'a pas contesté le principe d'une augmentation légale, mais a mis en garde contre l'accumulation des charges : « au motif d'acheter la paix sociale dans la rue, on va créer la pagaille dans les entreprises », a-t-il déclaré, cité par Previssima. L'organisation patronale évalue à 11,5 milliards d'euros les surcoûts que les mesures du budget de la Sécurité sociale pour 2027 pourraient faire peser sur les employeurs, en raison notamment de la réduction des allègements de cotisations et de transferts de dépenses vers les complémentaires santé.
Sur RMC, Laurent Munerot, vice-président de l'Union des entreprises de proximité, a souligné que l'objection patronale porte moins sur le niveau du salaire que sur le poids des cotisations : « nous on veut bien augmenter les salaires, mais quand je veux donner 2 000 euros de salaire net à un salarié, je sais que ça va me coûter 4 500 ou 5 000 euros derrière avec les contributions sociales », a-t-il expliqué.
Un arbitrage entre soutien aux ménages et compétitivité
L'hypothèse d'un coup de pouce illustre la difficulté de l'action publique en matière de salaire minimum : soutenir les revenus les plus faibles sans dégrader la situation des employeurs les plus fragiles, ni décourager l'embauche aux niveaux de qualification les plus bas.
Le calendrier retenu, avec une possible anticipation de la hausse dès décembre, traduirait la volonté gouvernementale d'agir avant l'échéance sociale. Reste à déterminer si ce geste, financé par les entreprises, suffira à infléchir une contestation qui dépasse largement le seul cercle des salariés au SMIC.
Questions fréquentes
De combien le SMIC augmenterait-il avec le coup de pouce envisagé ?
Le relèvement envisagé serait de 1,5 %, contre 1 % prévu par l'indexation automatique, soit environ 20 euros nets supplémentaires par mois pour un salarié au SMIC, selon RTL.fr.
Combien de salariés sont concernés par une hausse du SMIC ?
Environ 2,5 millions de salariés sont rémunérés au salaire minimum en France, selon les chiffres rapportés par RTL.fr.
Quand un coup de pouce au SMIC a-t-il été décidé pour la dernière fois ?
Aucun coup de pouce, c'est-à-dire une hausse supérieure à la revalorisation automatique, n'a plus été décidé depuis quatorze ans avant cette hypothèse.
