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Mots-clés : procès narcobanditisme Marseille, Amine Oualane, Amine Kessaci, Aix-en-Provence, triple homicide
Meta description : Au procès du triple narcobanditisme de Marseille, Amine Oualane a nié en bloc toute implication vendredi 6 novembre, malgré l'ADN et le témoignage d'un coaccusé.
Catégorie : Justice et société
Légende de l'image : Amine Oualane, chef présumé de la DZ Mafia, s'exprime depuis le box des accusés devant la cour d'assises d'Aix-en-Provence. Photo : Ouest France
Post X : Malgré l'ADN, les écoutes et un témoignage accablant, Amine Oualane persiste à tout nier au procès du triple narcobanditisme de Marseille.
Le principal accusé du procès du triple homicide lié au narcotrafic près de Marseille, Amine Oualane, a nié en bloc, vendredi 6 novembre 2026, toute implication dans l'assassinat de trois jeunes hommes en décembre 2020, alors qu'un de ses coaccusés l'avait désigné quelques jours plus tôt comme « le tireur ».
Face aux magistrats de la cour d'assises d'Aix-en-Provence, le chef présumé de la DZ Mafia, âgé de 32 ans, a balayé l'accumulation d'éléments à charge réunis par l'enquête : traces d'ADN, relevés téléphoniques, véhicule balisé et aveux antérieurs, rapporte Ouest France.
Un procès emblématique de l'ultraviolence marseillaise
Le dossier concerne l'exécution de trois jeunes hommes impliqués dans le trafic de stupéfiants : Nassim Loubani, Reda Khaldi et Brahim Chabane. Ce dernier est le frère aîné d'Amine Kessaci, adjoint au maire de Marseille engagé aux côtés des victimes du narcobanditisme. L'affaire s'inscrit dans la guerre de territoire qui a durablement dégradé la sécurité des quartiers Nord de la ville.
Après deux semaines d'audience, le coaccusé Zakaria Bensaci a créé la surprise en désignant avec assurance Amine Oualane comme l'auteur matériel des tirs, une accusation que relaie également La Provence, qui souligne l'ampleur des éléments matériels contestés par l'accusé.
« Je ne suis pas Batman pour tuer trois mecs », a réagi Amine Oualane en quelques secondes depuis le box des assises. Il accuse en retour Zakaria Bensaci d'avoir « tué Nassim Loubani », dont le corps a été démembré. Pour les deux autres victimes, il met en cause un habitant de Frais-Vallon, cité des quartiers Nord, ainsi qu'un autre homme mis en examen dans l'affaire et retrouvé mort depuis.
Des dénégations face aux preuves matérielles
Invité à s'expliquer sur la présence de son ADN et de celui d'une victime sur une paille, l'accusé a affirmé qu'elle datait d'une sortie dans un fast-food. Il nie également s'être trouvé sur la scène de crime, où son véhicule a pourtant été retrouvé, affirmant avoir « rendu service » en le prêtant à Zakaria Bensaci pour remettre une clé à Reda Khaldi.
« Vous avez une nouvelle version », lui a opposé le président de la cour. Amine Oualane affirme avoir appris la mort de Reda Khaldi et de Brahim Chabane, qu'il présente comme « ses amis », « le lendemain sur Snap ». « La vérité de la rue va plus vite que la vérité judiciaire », a-t-il expliqué.
Interrogé sur sa relation avec Brahim Chabane, il a reconnu avoir fait « une dizaine de conneries » avec lui, tandis que Ouassila Benhmadi-Kessaci, mère de la victime, le fixait depuis la salle d'audience.
Amine Kessaci : « Jamais je ne me tairai »
Les dénégations d'Amine Oualane laissent perplexe le banc des parties civiles, parmi lesquelles Amine Kessaci, présent à chaque audience depuis le 19 octobre. L'audience a par ailleurs été marquée par de nombreux éclats de voix, qui ont contraint le président de la cour à rappeler à l'ordre les parties. Un avocat de la défense a demandé à l'élu de cesser de le « fixer » d'un air menaçant, un épote rapporté par Le Figaro.
« On parle beaucoup de révélations ces derniers jours. Ce qui a été révélé n'était pas un secret, si ce n'est qu'un des accusés a décidé de briser le silence », a déclaré le jeune adjoint au maire à la sortie de la salle. « Jamais je ne me tairai », « jamais je ne baisserai ni les yeux, ni le regard », a-t-il ajouté.
« Lors de ce procès, j'ai tenté de faire quelque chose : rétablir aussi une forme de justice, celle de la place des parties civiles. Dans ces procès-là, elles n'ont clairement pas à avoir peur. »
Amine Kessaci, adjoint au maire de Marseille
Un calendrier judiciaire perturbé
Le procès, prévu pour durer trois semaines, a vu son calendrier bousculé par le mouvement social, contraignant le dispositif sécuritaire à s'adapter. Le verdict, initialement attendu vendredi 6 novembre, ne devrait pas intervenir avant le 13 novembre. Cette date coïncide avec l'anniversaire de l'assassinat, en 2025, du petit frère d'Amine Kessaci, étranger au narcotrafic et abattu en plein jour à Marseille.
Au-delà du sort des cinq prévenus, ce dossier illustre les difficultés rencontrées par l'institution judiciaire face aux organisations criminelles structurées, et l'exigence de protection des parties civiles dans les procédures liées au narcobanditisme, une préoccupation que les pouvoirs publics suivent avec attention.
Questions fréquentes
Qui est Amine Oualane ?
Amine Oualane, 32 ans, est le chef présumé de la DZ Mafia et le principal accusé du procès du triple homicide commis près de Marseille en décembre 2020.
Qui sont les victimes du triple homicide ?
Les victimes sont Nassim Loubani, Reda Khaldi et Brahim Chabane, frère aîné de l'élu marseillais Amine Kessaci. Toutes trois étaient impliquées dans le trafic de stupéfiants selon l'enquête.
Quand le verdict est-il attendu ?
Le verdict, initialement prévu le 6 novembre 2026, ne devrait pas intervenir avant le 13 novembre 2026, en raison notamment du mouvement social ayant perturbé le calendrier du procès.
