Meta description : La Réserve fédérale a maintenu son taux directeur entre 3,75 % et 4 % le 28 octobre, une décision attendue qui conforte les indices mondiaux, tandis que le pétrole s'envole au Moyen-Orient.
Catégorie : Économie et finances internationales
Légende de l'image : La séance de mercredi à Wall Street s'est achevée sur des gains modestes après l'annonce de la Réserve fédérale. Photo : Boursorama
Publication X : La Fed laisse ses taux inchangés et les marchés respirent. Cap sur les résultats de Microsoft et Alphabet, nouveau test pour la fièvre de l'IA.
La Réserve fédérale américaine a maintenu, mercredi 28 octobre, son taux directeur dans la fourchette actuelle de 3,75 % à 4,00 %, à l'issue d'un vote de dix voix contre deux. Cette décision, conforme aux anticipations des opérateurs, a permis aux marchés boursiers mondiaux et aux principaux indices de Wall Street de conserver leurs gains, selon
les informations publiées par Boursorama.
L'indice MSCI, qui mesure la performance des actions à l'échelle mondiale, a progressé de 2,46 points, soit 0,22 %, pour s'établir à 1.132,20 points. À Wall Street, le mouvement est resté contenu : le Dow Jones a gagné 0,17 % à 52.469,11 points et le S&P 500 a progressé de 0,08 % à 7.728,60 points, tandis que le Nasdaq Composite reculait légèrement de 0,16 % à 26.434,50 points. En Europe, l'indice paneuropéen STOXX 600 a avancé de 0,07 %.
Une pause saluée comme un signe de stabilité
La décision de la banque centrale américaine intervient dans un contexte économique marqué par une inflation encore sous surveillance et un marché du travail résilient. Charlie Wise, responsable de la recherche mondiale chez TransUnion à Chicago, a souligné la logique de l'institution.
« La décision de la Fed reflète le jeu d'équilibre permanent entre les craintes inflationnistes et une situation économique et de l'emploi qui reste relativement résiliente », a-t-il déclaré.
Les rendements des bons du Trésor américain ont toutefois poursuivi leur progression après l'annonce, signe que les investisseurs restent prudents sur la trajectoire future de la politique monétaire. Les cours au comptant de l'or sont demeurés pratiquement inchangés.
Cette stabilité affichée tranche avec les mouvements observés plus tôt dans la journée. Comme le rapportait Zonebourse avant la décision, les marchés avaient adopté un comportement attentiste, hors Asie, en attendant le verdict de l'institution dirigée par Jerome Powell.
Le calendrier des banques centrales en première ligne
La Fed n'est pas seule sur le devant de la scène monétaire cette semaine. La Banque centrale de Nouvelle-Zélande a surpris les investisseurs en maintenant son taux à 2,75 % à l'issue d'un vote serré, alors que les marchés tablaient sur une hausse. Cette annonce a entraîné un recul de 1,2 % du dollar néo-zélandais.
« La décision d'aujourd'hui montre que la RBNZ est prête à surprendre les marchés, ce qui rappelle que les banques centrales ne reçoivent pas d'ordres des marchés », a commenté Carol Kong, stratège en devises à la Commonwealth Bank of Australia.
La Banque du Canada, de son côté, a relevé ses taux pour la première fois en trois ans. La Banque centrale européenne et la Banque du Japon annonceront également leurs décisions de politique monétaire d'ici la fin de la semaine, un calendrier chargé qui maintient les investisseurs en état d'alerte.
Les opérateurs attendront également, jeudi, les données relatives aux dépenses de consommation des ménages américains, qui pourraient préciser la trajectoire future des taux. Kay Haigh, responsable des solutions de rendement fixe et de liquidité chez Goldman Sachs Asset Management à New York, a formulé l'avertissement suivant.
« Alors que le graphique en points de septembre ne laisse entrevoir qu'une seule hausse supplémentaire, une nouvelle augmentation des prix de l'énergie ou la publication de nouvelles données solides pourraient entraîner un resserrement supplémentaire l'année prochaine », a-t-il déclaré.
L'intelligence artificielle face à un test de rentabilité
L'attention des opérateurs s'est déplacée, après la clôture, vers la publication des résultats trimestriels de Microsoft et d'Alphabet. Ces deux groupes, pilotes du développement de l'intelligence artificielle, seront scrutés à la recherche de preuves de rentabilité susceptibles de justifier le coût élevé de leurs investissements.
« Ces résultats pourraient déterminer si la reprise des valeurs technologiques et de l'IA a de l'avenir. Tout signe indiquant une incapacité à monétiser les investissements, ou un ralentissement des dépenses d'investissement, pourrait avoir de lourdes répercussions sur les transactions liées à l'IA mercredi soir et jeudi », a prévenu un analyste.
Une série d'annonces de levées de fonds liées à l'IA émanant de Meta, de SpaceX et de Broadcom a encore mis à l'épreuve l'appétit du marché pour financer la poursuite du développement technologique. Le dépôt de dossier d'introduction en bourse d'Anthropic, qui a révélé des résultats supérieurs aux attentes de nombreux investisseurs, a toutefois apporté un soutien au secteur.
Pétrole : les tensions au Moyen-Orient relancent les cours
Les marchés de matières premières ont connu la volatilité la plus marquée de la séance. Une attaque contre une raffinerie en Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, a ravivé les inquiétudes concernant les risques pesant sur l'approvisionnement au Moyen-Orient.
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 1,4 % à 115,48 dollars le baril, tandis que ceux sur le brut américain ont grimpé de près de 3 % à 102,86 dollars. Le gaz naturel européen a prolongé sa hausse, gagnant 4,9 % pour atteindre de nouveaux sommets depuis quatre ans.
Ces tensions énergétiques pèsent directement sur les choix budgétaires des États européens, alors que le site Boursier relève une hausse concomitante des rendements français. Pour les décideurs publics français, la combinaison d'un pétrole à plus de 100 dollars et de taux américains stables mais élevés réduit encore la marge de manœuvre financière.
Le Royaume-Unis et Israël, deux signaux politiques distincts
Au Royaume-Uni, le ministre des Finances John Healey a présenté un premier budget prudent, privilégiant la stabilité du marché obligataire plutôt que les mesures de dépenses massives évoquées par Andy Burnham lors de son accession au poste de Premier ministre. Le chancelier s'est engagé à respecter les règles budgétaires, tout en acceptant une marge de manœuvre réduite en raison de la hausse des prix de l'énergie et des coûts d'emprunt. Les actions, les obligations et la devise britanniques n'ont pratiquement pas réagi à cette déclaration, tandis que la livre sterling reculait légèrement à 1,3301 dollar.
En Israël, le shekel a chuté de 2,3 % après des élections dont les résultats ont montré que le bloc de droite du Premier ministre Benjamin Netanyahu a obtenu des scores meilleurs que prévu, sans toutefois parvenir à décrocher la majorité parlementaire.
Questions fréquentes
Quel taux a maintenu la Réserve fédérale le 28 octobre ?
La Fed a maintenu son taux directeur dans une fourchette de 3,75 % à 4,00 %, à l'issue d'un vote de dix voix contre deux.
Pourquoi les cours du pétrole ont-ils augmenté mercredi ?
Une attaque contre une raffinerie en Arabie saoudite a ravivé les craintes sur l'approvisionnement au Moyen-Orient, propulsant le Brent à 115,48 dollars le baril.
Quelles banques centrales décident de leur politique monétaire cette semaine ?
Après la Fed, la Banque centrale européenne et la Banque du Japon doivent annoncer leurs décisions d'ici la fin de la semaine.
Quels résultats d'entreprises les marchés attendent-ils ?
Microsoft et Alphabet publient leurs résultats après la clôture de mercredi, un test clé pour la rentabilité des investissements massifs dans l'intelligence artificielle.
