À l'occasion de la journée mondiale de l'accident vasculaire cérébral, le jeudi 29 octobre 2026, le CHU de Nantes a publié un communiqué rappelant la mobilisation permanente de ses équipes de neurologie et de neuroradiologie et diffusant les gestes de prévention à adopter pour limiter les risques. L'établissement nantais, dont les capacités sont décrites comme mobilisées « 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 », prend en charge environ 2 000 patients chaque année.
En France, plus de 120 000 personnes sont hospitalisées chaque année à la suite d'un AVC, selon les chiffres rapportés par Ouest France. D'autres estimations, reprises par le site Pourquoi Docteur, portent ce décompte à environ 160 000 hospitalisations annuelles en incluant les accidents ischémiques transitoires, soit plus de 400 cas par jour. L'AVC constitue ainsi l'une des premières causes de mortalité dans le monde et la première cause de handicap acquis de l'adulte, selon la Veille Acteurs de Santé.
Une pathologie évitable par des mesures de prévention
Un AVC survient lorsque la circulation sanguine est brutalement interrompue dans une partie du cerveau, le plus souvent en raison d'une artère obstruée par un caillot, ou lorsqu'un vaisseau se rompt. Privées d'oxygène, les cellules cérébrales sont endommagées, parfois de manière irréversible. La rapidité de la prise en charge conditionne donc l'ampleur des séquelles.
Les spécialistes insistent sur un point souvent méconnu : l'AVC ne touche pas uniquement les personnes âgées. Il est associé à plusieurs facteurs de risque identifiés, au premier rang desquels figure l'hypertension artérielle, mais aussi le diabète, le tabagisme ou la sédentarité, comme le rappellent les campagnes de sensibilisation relayées par Petite République. L'action préventive est possible bien avant l'apparition des premiers symptômes.
Les six réflexes recommandés par le CHU de Nantes
Le communiqué de l'établissement nantais énonce une série d'habitudes quotidiennes permettant de réduire les risques :
- Surveiller sa tension artérielle, y compris en l'absence de symptômes ;
- Arrêter de fumer, le tabac favorisant les maladies des vaisseaux sanguins ;
- Pratiquer une activité physique régulière, telle que la marche, le vélo ou la natation ;
- Adopter une alimentation équilibrée, riche en fruits et légumes et limitée en sel ;
- Surveiller son cholestérol et sa glycémie, avec un suivi adapté en cas de maladie cardiovasculaire ;
- Limiter sa consommation d'alcool, dont l'excès augmente le risque d'AVC.
Le CHU de Nantes précise qu'il n'est jamais trop tôt, ni trop tard, pour commencer à agir. Cette logique de prévention primaire rejoint les orientations portées par les agences régionales de santé : l'Indépendant relate ainsi la campagne lancée en Occitanie sous le slogan « Le seul numéro gagnant face à l'AVC », qui rappelle que la survie et les séquelles ne doivent rien à la chance mais à la rapidité de la réaction.
Une filière de soin coordonnée à l'hôpital Nord Laennec
L'unité neurovasculaire du CHU de Nantes, installée à l'hôpital Nord Laennec, prend en charge environ 2 000 patients par an. Tous ne sont pas hospitalisés, mais en 2025, plus de 1 000 d'entre eux l'ont été. La filière repose sur une coordination étroite entre les équipes du Samu, des urgences, de neurologie et de neuroradiologie interventionnelle, avec pour objectif un diagnostic et une mise en œuvre des traitements dans les délais les plus brefs afin de limiter les lésions cérébrales.
Les données de l'année 2025 illustrent l'activité de cette filière : 84 patients ont bénéficié d'une thrombolyse intraveineuse seule, c'est-à-dire l'injection d'un médicament destiné à détruire le caillot, et 291 ont fait l'objet d'une thrombectomie, une extraction mécanique du caillot au moyen d'un cathéter cheminant dans les artères, associée ou non à une thrombolyse.
La prise en charge ne s'arrête pas à la phase aiguë. Le CHU accompagne ensuite les patients dans leur récupération et dans la prévention des récidives, au moyen d'un suivi spécialisé et de programmes d'éducation thérapeutique. Cette dimension d'accompagnement post-accident s'inscrit dans une approche globale du parcours de soin, du Samu à la rééducation.
Reconnaître les symptômes et alerter sans délai
La reconnaissance rapide des symptômes constitue le second pilier de la lutte contre les conséquences de l'AVC. Trois signes majeurs doivent être connus de tous. Le visage d'abord : la bouche se déforme et le sourire devient asymétrique. Un côté du corps ensuite : une faiblesse soudaine apparaît, la personne ne parvient plus à lever l'un de ses bras ou l'une de ses jambes. La parole enfin : des difficultés surviennent pour parler, prononcer une phrase simple ou comprendre ce qui est dit.
D'autres manifestations brutales doivent également alerter : une perte de vision, des troubles de l'équilibre ou un mal de tête particulièrement intense et inhabituel. Face à ces symptômes, ou en cas de doute, il convient de composer immédiatement le 15 pour joindre le Samu. Chaque minute compte : plus la reperfusion du cerveau est précoce, plus les séquelles sont limitées.
L'association France AVC 44, qui aide les victimes et leurs proches, met à disposition des informations complémentaires sur la prévention et le soutien aux patients. La journée mondiale du 29 octobre offre ainsi l'occasion d'une reminder collective : la mobilisation hospitalière, aussi complète soit-elle, ne peut produire ses pleins effets sans une population informée et réactive.
Questions fréquentes sur l'AVC
Quel numéro appeler en cas de suspicion d'AVC ?
Il faut composer immédiatement le 15 pour contacter le Samu. La rapidité de la prise en charge conditionne le pronostic et l'ampleur des séquelles.
Quels sont les principaux facteurs de risque d'un AVC ?
L'hypertension artérielle figure au premier rang, accompagnée du tabagisme, du diabète, d'une alimentation déséquilibrée, d'une consommation excessive d'alcool et de la sédentarité.
L'AVC touche-t-il uniquement les personnes âgées ?
Non. Le CHU de Nantes rappelle que l'AVC peut survenir à tout âge et que les mesures de prévention sont utiles quel que soit l'âge de la personne.
