Le gouvernement a présenté, lundi 26 octobre, un train de mesures destiné à répondre à la mobilisation des lycéens et des étudiants engagée depuis un mois. Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, et Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur, ont détaillé ces engagements en conférence de presse, sur la base d'une consultation en ligne ayant recueilli 101 000 contributions issues de 3 000 lycées.
« Aucune des décisions que nous prenons n'est une promesse en l'air. Tout ce que nous disons sera fait et sera respecté dans des délais précis et de manière chiffrée », a assuré Édouard Geffray en ouverture, selon le compte rendu de BFMTV.
Parcoursup : amélioration immédiate, remplacement en 2028
La refonte de la plateforme d'affectation s'opérera en deux temps. Pour la prochaine campagne de vœux, Parcoursup sera maintenue mais améliorée en matière de lisibilité et de facilité d'usage, a indiqué Philippe Baptiste. Elle sera remplacée par un nouveau système dès 2028.
L'amélioration repose sur davantage de transparence, avec des informations plus claires dès l'ouverture de la plateforme et un accompagnement à l'orientation dès la classe de seconde. Les formations pourront proposer des capsules vidéo présentant leur contenu. La lettre de motivation, qualifiée d'« irritant » par le ministre, pourra toujours être demandée, mais les établissements concernés devront justifier cette exigence.
Chaque refus ouvrira la possibilité pour l'élève de saisir la formation pour comprendre les raisons de la décision. À l'horizon 2028, la mention du lycée d'origine, jugée discriminatoire par les organisations lycéennes et étudiantes, sera supprimée. Le Figaro relève que cette séquence de communication politique s'est révélée chaotique, sans pour autant éteindre le mouvement.
Plafonnement des classes de seconde à 28 élèves
« Dès la rentrée 2027 j'ai décidé que les classes de seconde seront plafonnées à 28 élèves dans les 50 % de lycées les moins favorisés. Puis à la rentrée 2028 dans l'autre moitié », a annoncé Édouard Geffray.
Le nombre d'élèves par groupe de spécialité en première et en terminale sera également limité. Cette politique implique des moyens supplémentaires : les 836 suppressions de postes prévues dans le second degré public seront annulées par amendement du gouvernement, et 500 postes supplémentaires seront créés à destination des lycées. Le Parisien chiffre à 3 600 le total des postes créés ou préservés dans le secondaire et l'enseignement supérieur.
Contrôle continu : un chantier ouvert jusqu'en début 2027
Le ministre de l'Éducation nationale a par ailleurs annoncé l'ouverture immédiate d'un chantier consacré à la place du contrôle continu au baccalauréat et au lycée, notamment pendant l'année de première.
Ces travaux seront conduits avec les lycéens et les organisations syndicales représentatives des personnels. Ils devront être conclus début 2027 au plus tard, afin d'adopter des mesures dès la rentrée suivante.
15 000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur
Philippe Baptiste a annoncé l'ouverture de 15 000 premières places dans l'enseignement supérieur entre 2027 et 2028. Ces créations interviendront en premier lieu en Île-de-France, où la situation est la plus tendue, et essentiellement en IUT et en BTS, filières qui manquent cruellement dans la région selon le ministre.
Bâti scolaire et universitaire : cinq milliards mobilisés
Pour rénover les collèges et les lycées, le Premier ministre a décidé d'ouvrir quatre milliards d'euros de ligne de crédit supplémentaire dans le cadre des prêts à taux bonifiés, afin que les régions et les départements trouvent rapidement des sources de financement à des taux très préférentiels.
S'agissant de l'enseignement supérieur, Philippe Baptiste a évoqué un patrimoine immobilier universitaire extrêmement hétérogène et annoncé un milliard d'euros supplémentaire pour des opérations de rénovation, dont 200 millions débloqués dès 2027 pour une première série d'interventions sur des sites déjà identifiés.
Bourses étudiantes indexées sur l'inflation
Rappelant la réalité de la précarité étudiante, le ministre de l'Enseignement supérieur a indiqué que les bourses constituaient jusqu'ici les seules mesures d'aide sociale non indexées sur l'inflation. « Elles le seront dès cette année, avec une montée en charge année après année pour suivre les prévisions de l'inflation », a-t-il assuré.
Une réponse jugée insuffisante par une partie des lycéens
À l'issue de leur rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu à Matignon, les organisations « Les Lycéens ! » et « Renouveau lycée » ont évoqué des « annonces très claires » tout en appelant à poursuivre la mobilisation les 31 octobre et 5 novembre, le temps d'obtenir des retours concrets du terrain. TF1 Info rapporte que les représentants lycéens se sont félicités, s'agissant de Parcoursup, d'une première avancée.
Clément Vieillot, représentant du mouvement « Cachan 94 », s'est montré nettement plus critique, estimant avoir obtenu « des miettes ».
« Nous demandons 150 000 places dans les facs, nous en avons obtenu à peine 15 000 », a-t-il argumenté, avant de pointer la réforme en deux temps de Parcoursup.
« Ils partent dans six mois. Les choses que nous obtenons aujourd'hui ne seront pas des choses accomplies. Ils vont modifier la police du site, ils vont rajouter trois fleurs dans les coins », a-t-il ironisé, réclamant l'abrogation de la plateforme et une refonte complète.
Questions fréquentes
Quand Parcoursup sera-t-elle remplacée ?
La plateforme sera maintenue et améliorée pour la prochaine campagne de vœux, puis remplacée par un nouveau système dès 2028, avec suppression de la mention du lycée d'origine.
Quel est le plafond d'élèves par classe de seconde ?
Les classes de seconde seront plafonnées à 28 élèves dès la rentrée 2027 dans les lycées les moins favorisés, puis à la rentrée 2028 pour les autres.
Combien de places seront ouvertes dans l'enseignement supérieur ?
15 000 premières places seront créées entre 2027 et 2028, en priorité en Île-de-France et essentiellement en IUT et en BTS.
Les bourses étudiantes seront-elles revalorisées ?
Oui. Elles seront indexées sur l'inflation dès cette année, avec une montée en charge progressive pour suivre les prévisions de l'inflation.
