Les principales Bourses européennes sont attendues en baisse mercredi 4 novembre, alors qu'une vague démocrate se dessine au Congrès américain à l'issue des élections de mi-mandat qui ont pris la forme d'un référendum sur la présidence de Donald Trump. Selon Boursorama, le CAC 40 parisien devrait perdre 0,01 % à l'ouverture, le Dax de Francfort 0,23 % et le FTSE 100 de Londres 0,37 %.
Les démocrates étaient en passe, mardi soir, de s'emparer de la majorité au Sénat comme à la Chambre des représentants, grâce à des victoires dans des bastions traditionnellement républicains. Ce scrutin de mi-mandat, verdict direct des électeurs sur la politique de la Maison Blanche, oriente désormais les anticipations des investisseurs sur les deux rives de l'Atlantique.
Une victoire démocrate qui redessine les perspectives réglementaires
Sur les places asiatiques, la réaction des investisseurs a d'abord consisté à vendre massivement des actions, notamment celles liées à l'intelligence artificielle. Cette pression pèse sur le dollar, qui recule de 0,32 % face à un panier de devises de référence et tombe à son plus bas niveau en un mois. Les cryptomonnaies reculent face à la perspective d'une réglementation plus stricte, tandis que les obligations sont recherchées par les investisseurs en quête de sécurité.
« Un contrôle réglementaire plus strict des entreprises technologiques et d'IA, ainsi qu'une probabilité accrue de blocage politique, se profilent à l'horizon en cas de victoire écrasante des démocrates », commente Prashant Newnaha, stratégiste taux chez TD Securities.
À Tokyo, l'indice Nikkei a terminé en repli de 1,42 %, à 62 188,63 points, tombant en séance à un plus bas de trois mois. Les valeurs liées à l'intelligence artificielle ont reculé en raison des craintes qu'un Congrès démocrate ne soumette à une réglementation plus stricte les projets de centres de données, ce qui pourrait ralentir les dépenses d'infrastructure. Le Topix a cédé 0,89 %, à 3 895,38 points.
Wall Street et les changes : la prudence l'emporte
La Bourse de New York a terminé en ordre dispersé mardi, dans l'attente du verdict électoral. Le Dow Jones a cédé 0,38 %, à 51 786,72 points, tandis que le Standard & Poor's 500 a pris 0,36 %, à 7 568,92 points, et le Nasdaq Composite 0,83 %, à 25 372,00 points, porté par un rebond des grandes valeurs technologiques.
Sur le marché des changes, l'euro progresse de 0,35 %, à 1,1232 dollar, et la livre sterling s'échange à 1,3466 dollar (+0,41 %). Selon Zonebourse, les contrats à terme sur les indices américains s'inscrivaient également majoritairement en baisse après la victoire démocrate.
Les obligations, grandes gagnantes du scrutin
Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans se replie de près de deux points de base, à 4,931 %, après avoir perdu jusqu'à six points de base en début de séance. La maturité à trente ans cède 1,2 point, à 5,311 %. Le rendement du Bund allemand à dix ans prend en revanche 1,7 point de base, à 3,328 %.
« Les obligations se distinguent clairement comme les grandes gagnantes, car les marchés mettent de côté le secteur de l'IA et intègrent la possibilité accrue d'un gel des nouvelles réductions d'impôts et d'un ralentissement des dépenses publiques », note Prashant Newnaha, de TD Securities.
L'issue définitive des élections pourrait également avoir de vastes répercussions sur les perspectives budgétaires américaines, ainsi que sur des secteurs comme la défense, la santé et la banque. Cette configuration, marquée par la probabilité d'un blocage politique entre le Congrès et l'exécutif, invite à la vigilance des décideurs publics européens sur les effets induits pour la zone euro.
Pétrole et soutien boursier en Chine
Le marché pétrolier progresse dans une séance volatile, les investisseurs attendant la prochaine décision de Washington dans le conflit avec l'Iran. Le Brent prend 0,59 % à 104,21 dollars le baril, et le brut léger américain (WTI) avance de 0,52 % à 96,6 dollars.
En Chine, le SSE Composite de Shanghai gagne 2,16 % et le CSI 300 progresse de 2,31 %, les indices restant toutefois proches d'un creux d'un an malgré les nouvelles mesures gouvernementales de soutien. La banque centrale chinoise a indiqué mercredi que les banques avaient demandé des emprunts de plus de 200 milliards de yuans (environ 26,3 milliards d'euros) pour financer les rachats d'actions des sociétés cotées, dans le cadre d'un programme de refinancement renforcé. Cette annonce fait suite à des opérations de swap de 100 milliards de yuans menées par la Banque populaire de Chine avec des courtiers et des sociétés de fonds.
Indicateurs économiques et résultats attendus
Si le scrutin américain devrait dominer l'actualité financière, la journée du 4 novembre est également riche en indicateurs. En France, l'indice PMI composite d'octobre est attendu en confirmation à 48,4 points, un niveau toujours inférieur au seuil de croissance. En Allemagne, le PMI composite devrait s'établir à 52,8 points, et en zone euro à 51,9 points. L'inflation flash de la zone euro est attendue à 4,0 % en rythme annuel, contre 3,8 % le mois précédent, une donnée qui weighed sur les arbitrages de la Banque centrale européenne.
Aux États-Unis, l'enquête ADP sur l'emploi privé est anticipée à 69 000 créations de postes en octobre, contre 90 000 le mois précédent, et l'indice ISM des services à 54,8 points. Côté entreprises, les investisseurs analyseront les résultats trimestriels de JCDecaux, BMW, Continental, Novo Nordisk et M&S en Europe, puis ceux de McDonald's, Kraft Heinz, Uber et Qualcomm outre-Atlantique.
Questions fréquentes
Pourquoi les Bourses européennes baissent-elles après les midterms américaines ?
Les investisseurs anticipent un durcissement réglementaire sur les entreprises technologiques et d'intelligence artificielle, ainsi qu'une probabilité accrue de blocage politique à Washington, ce qui pèse sur les valeurs liées à l'IA et sur le dollar.
Quels indices sont concernés par cette baisse ?
Le CAC 40 devrait perdre 0,01 %, le Dax 0,23 %, le FTSE 100 0,37 %, l'EuroStoxx 50 0,19 % et le Stoxx 600 0,28 %, selon les premières indications disponibles mercredi 4 novembre.
Quelles conséquences budgétaires attendre d'un Congrès démocrate ?
Les marchés intègrent la possibilité d'un gel des nouvelles réductions d'impôts et d'un ralentissement des dépenses publiques américaines, avec des répercussions possibles sur la défense, la santé et la banque.
