Le président de la Liga espagnole, Javier Tebas, a réaffirmé, mardi 21 octobre 2026, ses propos comparant la stratégie de communication du Real Madrid aux techniques de propagande de l'Allemagne nazie, tout en niant avoir qualifié quiconque de nazi. Cette déclaration, formulée dans une interview accordée au journal L'Équipe en marge du Sportel à Monaco, prolonge une crise ouverte entre le dirigeant et le club madrilène, qui a réclamé sa démission immédiate.
Selon RMC SPORT, le conflit oppose désormais les deux parties sur trois fronts : la polémique des propos, le terrain sportif et une éventuelle procédure disciplinaire devant le Conseil supérieur des sports (CSD).
Les propos initiaux et leur contexte
La controverse a débuté vendredi, lorsque Javier Tebas a publié sur ses réseaux sociaux une analyse critique de la communication du Real Madrid. « La direction du Real Madrid orchestre une véritable machine de communication, et Real Madrid TV mène la danse. Leur discours est immuable : sélectionner les actions qui les intéressent, répéter le grief, alimenter le soupçon et désigner les ennemis », avait-il écrit.
Cette méthode rappelle les mécanismes de propagande exploités par Goebbels, ministre de la Propagande de l'Allemagne nazie : répétition systématique, construction d'un ennemi et subordination des faits au récit.
Le dirigeant avait alors précisé que sa comparaison portait sur les techniques de propagande, et non sur une idéologie ni sur la ferveur des supporters madridistas. Cette nuance n'a pas suffi à apaiser la réaction du club.
La réponse du Real Madrid : demande de démission
Le Real Madrid a réagi rapidement, jugeant « absolument intolérable et extrêmement grave » qu'une personne occupant deux fonctions à responsabilité au sein du football espagnol, la présidence de la Liga et la vice-présidence de la Fédération, puisse recourir à une telle comparaison afin de discréditer le club, sa direction et sa chaîne de télévision.
Le club a demanded la « démission immédiate » de Javier Tebas. « Le fait qu'il précise ne pas faire référence à l'idéologie nazie n'atténue en rien la nature profondément offensante, moralement répugnante et indigne de l'institution de ses propos », a ajouté l'institution madrilène dans sa réponse.
Tebas se défend : une simple analyse de communication
Interrogé par L'Équipe, Javier Tebas a maintenu et précisé sa position. « Je n'ai traité personne de nazi, bien entendu. Je parlais d'une stratégie de communication. Je ne vois pas pourquoi on me demande des comptes là-dessus », a-t-il fait valoir.
La question de savoir si cette communication est appropriée ou non, voilà ce qui peut être débattu. C'est tout. Pour ma part, je l'emploie uniquement pour décrire la forme de communication.
Cette défense s'inscrit dans un contexte sportif tendu entre les deux parties. La semaine a été marquée par l'expulsion de Vinicius contre Villarreal, sanctionnée d'une suspension de quatre matchs, ainsi que par l'horaire du déplacement prévu à Valence le 7 novembre, moins de 72 heures après le match de Ligue des champions des Merengues à Athènes. Ces éléments alimentent la défiance réciproque entre la direction de la Liga et le club madrilène.
Une contestation qui s'étend au stade
Le conflit a également gagné les tribunes. Lors du match contre Séville (4-1), disputé samedi, les supporters madrilènes ont déployé une banderole sur laquelle figurait l'inscription : « Ce n'est pas du football, ce sont Tebas et Negreira ». Ils ont également entonné des chants demandant sa démission et dénonçant une supposée corruption en faveur du FC Barcelone.
Javier Tebas a répondu par une nouvelle prise de position. « La similitude avec le récit que j'ai dénoncé est évidente. Et il y a un aspect particulièrement grave : prendre des personnes spécifiques pour cible », a-t-il affirmé, pointant une « irresponsabilité flagrante » du Real Madrid.
Un risque de sanction devant le Conseil supérieur des sports
Les propos du président de la Liga pourraient faire l'objet d'une sanction du Conseil national espagnol des sports, instance chargée du contrôle de l'activité sportive en Espagne. Interrogé sur cette perspective, Javier Tebas a estimé qu'une telle décision relèverait de l'exceptionnel.
Je ne sais pas... Cela me semblerait inouï. Il y aurait donc des citoyens de première et de seconde zone ? C'est-à-dire que des directeurs de journaux pourraient se permettre de telles comparaisons, mais que le président de la Ligue, lui, ne le pourrait pas ?
Cette argumentation soulève une question de gouvernance sportive : celle des limites de l'expression des dirigeants institutionnels, tenus à un devoir de réserve que ne connaissent pas les acteurs médiatiques ou politiques extérieurs au mouvement sportif.
Questions fréquentes
Qu'a déclaré Javier Tebas sur le Real Madrid ?
Le président de la Liga a comparé la stratégie de communication du Real Madrid, notamment celle de Real Madrid TV, aux techniques de propagande mises en œuvre par Goebbels, tout en excluant toute référence à l'idéologie nazie.
Quelle a été la réaction du Real Madrid ?
Le club a qualifié ces propos d'offensants et d'inacceptables, a réclamé la démission immédiate de Javier Tebas et estimé que la précision apportée par le dirigeant n'atténuait en rien la gravité de la comparaison.
Javier Tebas risque-t-il une sanction ?
Le Conseil national espagnol des sports pourrait examiner ses propos. Javier Tebas a indiqué qu'une sanction lui « semblerait inouïe », arguant que d'autres acteurs publics peuvent formuler de telles comparaisons sans conséquence.
Quel est le contexte sportif de cette polémique ?
La crise intervient après l'expulsion de Vinicius contre Villarreal, sanctionnée d'une suspension de quatre matchs, et la contestation du calendrier du match contre Valence le 7 novembre, programmé moins de 72 heures après un déplacement à Athènes en Ligue des champions.
