Le Rwanda apparaît comme la destination la plus probable pour l'ouverture du premier centre d'expulsion de migrants hors d'Europe, selon des sources concordantes citées par l'AFP et relayées le 20 octobre 2026. Un accord entre Kigali et cinq États membres de l'Union européenne est attendu dans les prochaines semaines, en vue d'une ouverture du centre en 2027.
L'Allemagne, l'Autriche, le Danemark, la Grèce et les Pays-Bas négocient depuis plusieurs mois l'implantation de ce que les parties appellent un « hub de retour », destiné à accueillir des demandeurs d'asile déboutés. Selon Le Telegramme, ces cinq pays, partisans d'une ligne migratoire ferme, visent une conclusion de l'accord d'ici à la fin de l'année 2026.
Un projet piloté par cinq États membres
Le dispositif a été conçu il y a un an et demi en liaison avec la Commission européenne. Son objectif affiché est double : accroître significativement le nombre d'expulsions depuis le territoire européen et dissuader de nouvelles arrivées de migrants sur le continent.
Les négociations avec Kigali se sont intensifiées à l'automne. Une délégation des cinq pays s'est rendue à Kigali début septembre, selon une source diplomatique citée par l'AFP. En sens inverse, une délégation rwandaise s'est déplacée en Europe mi-octobre, avec une étape à Bruxelles pour des réunions de travail. Le Figaro confirme que le Rwanda est pressenti pour accueillir ce premier centre, possiblement dès le début de l'année suivante.
Un lancement à petite échelle anticipé
Pour répondre aux critiques, les cinq pays envisagent un démarrage sous forme de projet pilote. Le centre recevrait dans un premier temps une vingtaine de déboutés du droit d'asile par pays concerné, probablement des hommes majeurs appréhendés aux frontières, a expliqué une source diplomatique à l'AFP.
Les États participants anticipent l'ensemble des scénarios opérationnels avant toute annonce formelle : modalités de transport, prise en charge sanitaire en cas de maladie, et cadre juridique applicable. Selon une source proche des négociations, l'établissement ne sera pas un centre de détention fermé. Le Rwanda souhaite le désigner sous le terme de « centre d'accueil » et pourrait y proposer des formations professionnelles aux personnes transférées.
Quelles réserves expriment la France et les ONG ?
L'initiative suscite des réserves au sein même de l'Union européenne. La France s'est dite sceptique. Le président Emmanuel Macron avait vivement critiqué le concept en juin 2026, en marge d'un sommet européen, jugeant que ces centres n'étaient « ni efficaces », ni conformes aux valeurs de l'UE.
Des ONG et une partie de la gauche européenne s'inquiètent des conditions de traitement des migrants dans ces établissements. L'eurodéputée écologiste néerlandaise Anna Strolenberg, de retour d'une mission au Rwanda il y a quelques semaines, a constaté une évolution négative « du sentiment à l'égard des réfugiés » dans le pays.
« Je ne vois pas en quoi il est accueillant d'envoyer des centaines de personnes en dehors de l'Union européenne, simplement parce que nous ne voulons pas qu'elles restent dans l'UE. »
L'élue a qualifié « une grave erreur » l'ouverture prévue de ce centre.
Un précédent britannique et américain
Ces cinq États ne sont pas les premiers à s'intéresser au Rwanda dans ce domaine. Le Royaume-Uni avait annoncé dès 2022 son intention d'y ouvrir un centre similaire. Les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, ont intensifié leurs efforts pour expulser des étrangers ne pouvant être renvoyés dans leur pays d'origine, en proposant de les transférer vers des pays tiers comme l'Ouganda, le Salvador et le Rwanda.
Pour l'Union européenne, l'enjeu dépasse le cas rwandais. Boursorama rappelle que l'accord envisagé constituerait le premier dispositif concret issu des réflexions engagées avec la Commission européenne sur l'externalisation des retours. Sa mise en œuvre effective, prévue en 2027, servira de test à une approche que d'autres États membres pourraient être tentés de rejoindre, comme Le Républicain Lorrain le souligne dans sa reprise de l'information.
Questions fréquentes
Quels pays participent au projet de centre au Rwanda ?
L'Allemagne, l'Autriche, le Danemark, la Grèce et les Pays-Bas conduisent les négociations avec Kigali, avec l'appui initial de la Commission européenne.
Quand ce centre devrait-il ouvrir ?
L'objectif des cinq États est de conclure un accord d'ici à la fin de l'année 2026, pour permettre une ouverture du centre en 2027, selon des sources concordantes citées par l'AFP.
Le centre sera-t-il un lieu de détention ?
Selon une source proche des négociations, l'établissement ne sera pas un centre fermé. Le Rwanda préfère le terme de « centre d'accueil » et envisage d'y proposer des formations professionnelles.
