Des familles des communes d'Ambon et de Noyal-Muzillac, dans le Morbihan, réclament depuis la rentrée 2026 la création d'arrêts de car scolaires plus proches de leur domicile, afin d'éviter à leurs lycéens de longues marches le long de départementales jugées dangereuses. La Région Bretagne, compétente en la matière depuis 2017, maintient pour sa part un principe de desserte des bourgs et des axes principaux, arguant de contraintes de temps de trajet pour l'ensemble des élèves.
Le quotidien Le Telegramme a recueilli, le 19 octobre 2026, les témoignages d'une quinzaine de familles mobilisées autour de cette question, qui illustre les tensions croissantes entre l'organisation rationnelle des réseaux de transport et les attentes des habitants des zones peu denses.
Deux kilomètres à pied le long de la D20
Julie Bibard, mère célibataire résidant au lieu-dit de Fleuriac, entre les bourgs d'Ambon et de Muzillac, s'efforce depuis septembre de trouver une solution de transport pour sa fille, scolarisée en seconde au lycée Marcelin-Berthelot de Questembert. Un arrêt a bien été créé à Fleuriac pour les collégiens, mais le car des lycéens ne s'y arrête pas.
« La solution qu'on me propose, c'est que mon enfant longe la départementale sur deux kilomètres dans les deux cas », déclare-t-elle au Le Telegramme.
Pour cette famille, l'hypothèse est inenvisageable. La marche s'effectuerait à 7 heures du matin, dans la nuit, sans aménagement sécurisé. « La dangerosité n'a pas du tout été prise en compte. Elle est censée marcher le long de la route, dans la nuit à 7 heures du matin », souligne Julie Bibard, qui travaille à l'aube sur les marchés.
Le refus de BreizhGo : la contrainte du temps de trajet
Le réseau BreizhGo oppose à ces demandes un argument d'efficacité collective. À Claire Lemarié, habitante de Noyal-Muzillac dont les jumeaux se rendent quotidiennement à Questembert, l'opérateur a refusé la création d'un arrêt au lieu-dit de Cambocaire, au motif que celle-ci « entraînerait une augmentation du temps de trajet, qui n'est pas souhaitable au regard (…) pour les autres élèves ». L'arrêt le plus proche proposé à ses fils, au Goulet Saint-Jean sur la D5, se situe à 1,5 kilomètre du domicile familial.
Le ramassage scolaire des lycéens « ne dessert que les bourgs et les axes principaux », rappelle l'opérateur public.
Réputé plus dense avant la reprise du réseau par la Région en 2017, le dispositif comportait alors de nombreux « arrêts sauvages », selon Raymond Le Brazidec, conseiller régional délégué. « Aujourd'hui, la Région Bretagne a un règlement de transport scolaire, ça sécurise au maximum les points d'arrêt et les familles », indique l'élu.
Une architecture différente entre collège et lycée
Le passage du collège au lycée constitue, pour les familles concernées, une rupture dans l'offre de transport. « Les collèges sont implantés localement, donc on a une densification des transports pour les collèges, on va sur les routes intermédiaires, explique Raymond Le Brazidec. Et les lycées étant plus éloignés, on a des lignes directes de bourg à bourg ».
Cette différence de maillage n'empêche toutefois pas la création de nouveaux points d'arrêt. Sur les 3 000 demandes annuelles, pour les collèges et les lycées confondus, la Région en accepte environ 800, dont 45 % concernent les cars de lycéens. « Sauf sur une départementale qui est dans le cheminement de la ligne, s'il y a un endroit qui est sécurisé, où trois ou quatre jeunes peuvent venir sur place, on ouvre des points de montée assez facilement, et il faut au moins 500 mètres entre les deux arrêts », précise le conseiller régional.
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