Voitures hybrides chinoises : une progression de 144 % pour BYD en Europe
En juin 2026, les constructeurs automobiles chinois ont atteint une part record de 34 % des ventes de véhicules hybrides rechargeables en Europe, selon le cabinet Dataforce. BYD, premier groupe chinois, affiche une croissance de 144 % sur un an, avec 38 455 immatriculations. Cette progression s'explique en grande partie par la structure des droits de douane européens, qui pénalise les voitures électriques mais épargne les hybrides rechargeables.
Un contournement des droits de douane par l'hybride rechargeable
Depuis octobre 2024, les voitures électriques importées de Chine sont soumises à une surtaxe de 7,8 % à 35,3 %, en sus des 10 % de droits de douane habituels. Cette mesure vise à compenser les subventions publiques chinoises jugées déloyales. Toutefois, les constructeurs chinois ont adapté leur stratégie en concentrant leurs exportations sur les véhicules hybrides rechargeables, qui ne subissent que les 10 % de droits standards.
En juin 2026, les voitures hybrides rechargeables chinoises représentaient 34 % des ventes de cette catégorie en Europe, et 11 % de l'ensemble des voitures neuves. La part des modèles 100 % électriques chinois stagne entre 10 et 15 % depuis 18 mois, tandis que celle des hybrides (simples et rechargeables) approche les 25 %.
BYD en tête, suivie de Leapmotor et SAIC
BYD a immatriculé 38 455 voitures en Europe en juin 2026, soit une hausse de 144 % sur un an. Sur le premier semestre, le total atteint 174 144 unités. Leapmotor a enregistré 12 829 immatriculations (+561 %), SAIC a progressé de plus de 50 %, et Geely de 11 %. Ces performances s'expliquent par des prix inférieurs à ceux des concurrents européens et par la possibilité de recharger la batterie à domicile.
Des implantations industrielles pour contourner les futures taxes
Bruxelles prépare actuellement des surtaxes sur les voitures hybrides rechargeables chinoises, sur le même modèle que celles appliquées aux modèles électriques. Le calendrier et les taux exacts dépendront du vote des États membres. En attendant, les constructeurs chinois accélèrent leur implantation en Europe. BYD produit déjà en Hongrie, sur son site de Szeged, où se trouve son siège social européen. SAIC construira une usine au nord de l'Espagne. Le 20 mai 2026, Dongfeng a signé une coentreprise avec Stellantis pour produire ses voitures en Europe. Leapmotor utilise également les usines de Stellantis, et les deux groupes pèsent ensemble 16 % du marché sur le premier semestre.
Un marché européen en mutation
En juin 2026, le marché automobile européen a progressé de 13,1 %, avec 1 407 332 voitures neuves. Les moteurs essence et diesel sont tombés à 28,5 % du marché, contre 36,1 % un an plus tôt. La voiture hybride rechargeable a progressé deux fois plus vite que l'ensemble du marché, portée par une demande croissante et des prix compétitifs.
FAQ : Questions fréquentes sur les droits de douane et les voitures chinoises en Europe
Pourquoi les voitures hybrides rechargeables chinoises sont-elles moins taxées que les électriques ?
Les droits de douane européens actuels ne s'appliquent qu'aux voitures 100 % électriques importées de Chine, avec une surtaxe de 7,8 % à 35,3 %. Les hybrides rechargeables ne sont soumises qu'aux 10 % de droits standards, ce qui crée une incitation pour les constructeurs chinois à exporter ces modèles.
Quelles sont les conséquences pour les constructeurs européens ?
La montée en puissance des constructeurs chinois, portée par des prix compétitifs et une production locale croissante, accentue la pression concurrentielle sur les groupes européens. Stellantis a proposé quatre de ses usines à des partenaires chinois pour remplir ses chaînes de production.
Quand les nouvelles taxes sur les hybrides chinoises entreront-elles en vigueur ?
Bruxelles prépare des surtaxes sur les voitures hybrides rechargeables chinoises, mais le calendrier et les taux exacts dépendent d'un vote des États membres. Aucune date précise n'a encore été annoncée.