Avec la victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche, le Parti socialiste s'apprête à aborder l'élection présidentielle de 2027 avec un candidat qui n'est pas membre du parti. Une situation inédite depuis 1965 qui soulève des questions sur l'avenir du PS et la stratégie d'alliance à gauche.
Une victoire sans précédent pour Place publique
Raphaël Glucksmann, eurodéputé fondateur de Place publique, a remporté la primaire de la gauche dès le premier tour avec 66% des suffrages. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, n'a recueilli que 14% des voix, tandis que Ségolène Royal, Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj ont chacun obtenu moins de 10%.
Pour la première fois depuis 1965, le candidat investi par le Parti socialiste n'est donc pas encarté au PS. Cette situation rappelle la candidature de François Mitterrand, qui s'était présenté sans appartenir à la SFIO, l'ancêtre du PS.
Le PS se met au service du candidat vainqueur
Interrogé sur RMC, le porte-parole du PS, Arthur Delaporte, a confirmé que le parti soutiendrait pleinement la campagne de Raphaël Glucksmann. « Le PS sera désormais au service du candidat qui a gagné », a-t-il déclaré, saluant au passage la participation record de 120.307 votants sur 140.282 inscrits.
M. Delaporte a également écarté les critiques de Ségolène Royal, qui avait qualifié le vainqueur de « stagiaire » et de « coucou ». « On prédit depuis tant d'années la mort du PS que je ne crois pas aux oiseaux de mauvais augure », a-t-il répondu.
Quelle stratégie de rassemblement pour la gauche ?
La victoire de Raphaël Glucksmann a suscité une réaction mitigée chez les écologistes, leur leader Marine Tondelier s'étant dite « étonnée ». Arthur Delaporte a appelé à dépasser ces réserves : « Nous cherchons comme elle à construire une alternative à Jean-Luc Mélenchon pour remporter l'élection présidentielle. »
Dès son discours de victoire, Raphaël Glucksmann a évoqué une « rupture » avec La France insoumise et appelé à « la bataille de France », invitant ses militants à mener une campagne de terrain. Un premier meeting est prévu après la Toussaint, et des signes d'ouverture envers ses anciens concurrents sont attendus.
Un nouveau chapitre pour la social-démocratie française ?
Cette configuration inédite interroge sur l'évolution du Parti socialiste et sa capacité à rester une force politique majeure. La primaire a démontré la vitalité de la démocratie interne, mais elle pose également la question de l'identité du PS face à un candidat issu de la société civile.
Reste à savoir si cette alliance inédite permettra de fédérer l'ensemble de la gauche sociale-démocrate et écologiste en vue de l'échéance de 2027.
