Crise internationale : Emmanuel Macron réunit les candidats à la présidentielle pour un état des lieux
Face à une dégradation rapide de la situation géopolitique et à une flambée des prix du carburant jugée insupportable, le président de la République a réuni, vendredi 18 septembre, les principaux candidats à l'élection présidentielle ou leurs représentants, lors d'une rencontre confidentielle à l'Élysée. Cette réunion, qui s'est tenue dans la nouvelle salle de crise « Vega », visait à partager des informations sensibles sur les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient et leurs conséquences directes pour la France.
Un constat partagé : des conflits appelés à durer
À l'issue des premières heures d'échanges, le candidat communiste Fabien Roussel a rapporté les propos du président et des services de renseignement : « Le scénario d'un règlement rapide des conflits n'existe plus, et ces conflits risquent de s'enliser, donc la crise risque de durer. » Une analyse qui a conduit plusieurs participants à réclamer des mesures immédiates pour soulager les ménages.
Des demandes convergentes sur la baisse des taxes énergétiques
Fabien Roussel a ainsi demandé au gouvernement d'« agir » pour « baisser les taxes » sur l'énergie. Même requête formulée par le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, qui a appelé à « accepter une baisse des taxes sur les carburants » pour répondre aux « souffrances » de « la France qui travaille ». Ces prises de position, en pleine campagne électorale, placent d'emblée la réunion sur le terrain politique.
Une réunion d'information et de cadrage
L'Élysée a justifié cette initiative par « la dégradation rapide ces derniers jours de la situation internationale », afin d'évoquer les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine et leurs conséquences en France sur la sécurité et l'énergie. Le chef de l'État, entouré des chefs du renseignement, des autorités militaires et du directeur général de l'énergie, a souhaité partager avec ses successeurs potentiels « des informations confidentielles dont seul le président dispose », selon une source au sein de l'exécutif.
Éclairer le débat et rappeler les contraintes
Au-delà de la transmission d'informations, Emmanuel Macron entend « éclairer le débat » de la campagne, glisse un conseiller, afin que les promesses des candidats tiennent compte de la réalité et de la « complexité » de la situation. Une manière de souligner, en creux, que certaines propositions actuelles méconnaissent les contraintes internationales. Le président souhaite également rappeler à l'opinion que la flambée des prix de l'essence est largement imputable à la situation internationale, alors que cette perception s'est estompée depuis le printemps.
Les conséquences concrètes pour les Français
Les blocages des détroits d'Ormuz et de Bab-el-Mandeb ont des « conséquences directes sur notre quotidien », a rappelé Emmanuel Macron sur le réseau X, jeudi. « Les Français les subissent à la pompe, avec des prix devenus insupportables », a-t-il ajouté, au lendemain d'un appel à la mobilisation du gouvernement pour garantir l'approvisionnement en pétrole et maîtriser les prix.
Une vigilance particulière sur la colère sociale
Au sommet de l'État, on surveille avec appréhension la colère sociale face à cette inflation énergétique, et les appels à la mobilisation pour le mois d'octobre. Les similitudes avec le mouvement des « gilets jaunes » de 2018, qui avait marqué le début du premier quinquennat, sont scrutées de près. La multiplication des attaques « hybrides » en Europe, imputées à la Russie, figure également à l'ordre du jour de la rencontre.
Une participation quasi complète des principaux candidats
La candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen, favorite des sondages mais en déplacement, a délégué son chef de parti, Jordan Bardella. Jean-Luc Mélenchon, de La France insoumise, a mandaté Manuel Bompard. Les autres principaux candidats étaient présents, parfois au prix d'un déplacement écourté : Édouard Philippe (Horizons), Gabriel Attal (Renaissance), Bruno Retailleau (Les Républicains), Raphaël Glucksmann (Place publique), Olivier Faure (Parti socialiste) et Marine Tondelier (Les Écologistes).
Quelles suites pour cette réunion ?
Emmanuel Macron doit s'exprimer et répondre aux questions de la presse à l'issue de la réunion. Les participants, quant à eux, devraient intégrer ces informations dans leurs programmes et leurs argumentaires de campagne, dans un contexte budgétaire tendu, alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu a proposé un effort de 54 milliards d'euros pour 2027.
