Primaire du PS et de Place publique : les enjeux du scrutin d'octobre 2026
La primaire organisée par le Parti socialiste (PS) et Place publique (PP) pour désigner leur candidat commun à l'élection présidentielle de 2027 se tiendra à la mi-octobre. Cinq candidats sont en lice pour représenter la gauche sociale-démocrate et républicaine lors de ce scrutin, dont le premier tour est programmé les 9 et 10 octobre et, si nécessaire, un second tour les 16 et 17 octobre. Le vote, exclusivement électronique, est ouvert aux adhérents des partis participants ainsi qu'aux électeurs non encartés, sous réserve du paiement d'une cotisation.
Quel est le calendrier officiel de la primaire ?
Le premier tour du scrutin se déroulera du vendredi 9 octobre à 8 heures jusqu'au samedi 10 octobre à 20 heures. Les résultats seront proclamés dans la soirée du 10 octobre ou, au plus tard, le lendemain matin. En l'absence de majorité absolue, un second tour est prévu du vendredi 16 octobre à 8 heures jusqu'au samedi 17 octobre à 20 heures, avec une proclamation des résultats dans la soirée du 18 octobre au plus tard.
Le vote se fera exclusivement par voie électronique. Des bureaux de vote physiques pourront être installés dans chaque département, mais les électeurs voteront sur une tablette mise à disposition dans un isoloir. Les résultats seront collectés de manière virtuelle afin d'assurer la fiabilité et la rapidité du dépouillement.
Qui sont les cinq candidats en lice ?
Cinq personnalités politiques sont candidates à la primaire socialiste :
- Olivier Faure, premier secrétaire du PS et député de Seine-et-Marne ;
- Raphaël Glucksmann, eurodéputé et fondateur de Place publique ;
- Emmanuel Maurel, député du Val-d'Oise et président de la Gauche républicaine et socialiste (GRS) ;
- Jérôme Guedj, député de l'Essonne ;
- Ségolène Royal, ancienne ministre et présidente de l'association France-Algérie.
Olivier Faure, Raphaël Glucksmann et Emmanuel Maurel, en leur qualité de chefs de parti, sont qualifiés d'office. Jérôme Guedj et Ségolène Royal ont dû obtenir des parrainages, soit auprès de 15 membres du Conseil national du PS, de 10 parlementaires, de 50 conseillers départementaux ou régionaux, soit de 50 maires socialistes.
Deux autres personnalités avaient manifesté leur intention de participer, mais n'ont pas été retenues. Fabien Verdier, ancien maire de Châteaudun, n'a pas satisfait aux conditions de parrainage. Le député de l'Eure Philippe Brun, bien qu'ayant déclaré avoir réuni les soutiens nécessaires, a été écarté du scrutin et suspendu du PS en raison d'« accusations de violence » portées à son encontre. Il a contesté cette décision, estimant qu'elle intervenait avant toute saisine de la justice, mais a confirmé qu'il ne participerait pas à la primaire faute de recours suffisamment rapide.
Que révèlent les sondages sur les dynamiques de campagne ?
Aucune étude d'intentions de vote spécifique à la primaire n'a été publiée à ce jour. Toutefois, les baromètres de popularité et les sondages pour l'élection présidentielle fournissent des indications utiles sur la position relative des candidats.
Selon le baromètre Elabe pour Les Échos du mois d'août, Raphaël Glucksmann arrive en cinquième position des personnalités politiques préférées des Français, avec 40 % d'opinions favorables. Olivier Faure est classé septième avec 31 %, tandis que les autres candidats ne figurent pas dans ce classement. Le baromètre Toluna-Harris Interactive pour LCI confirme cette tendance : Raphaël Glucksmann est plébiscité par 63 % des électeurs socialistes interrogés, devant Olivier Faure (50 %) et Ségolène Royal (44 %).
Dans les enquêtes d'intentions de vote pour la présidentielle, Raphaël Glucksmann est crédité de 10 à 14 % des suffrages, un score supérieur à celui d'Olivier Faure, qui ne dépasse pas 10 %. Aucun des deux ne parvient toutefois à se qualifier pour le second tour dans les hypothèses testées, devancés notamment par Jean-Luc Mélenchon ou Édouard Philippe.
Qui peut voter et à quelles conditions ?
Le scrutin est ouvert aux adhérents du PS, de Place publique et de la GRS. Les électeurs non encartés peuvent également participer, à condition de verser une cotisation de 15 euros à l'« Association de la désignation de la candidature de la gauche socialiste et démocratique », structure tierce chargée de financer l'organisation de la primaire. Un tarif réduit de 10 euros est prévu pour les personnes non imposables et les étudiants. Le paiement doit être effectué au moins trois jours avant le scrutin pour pouvoir voter.
Le montant de cette cotisation a fait débat, certains candidats, dont Ségolène Royal et Olivier Faure, le jugeant trop élevé. Il vise à dissuader les électeurs des camps adverses d'influencer le résultat, mais pourrait limiter la participation. Olivier Faure espère mobiliser au moins 100 000 électeurs, un objectif ambitieux au regard des 41 000 adhérents du PS.
Une primaire de toute la gauche est-elle envisageable ?
L'organisation d'une primaire interne au PS n'exclut pas, en théorie, celle d'une primaire élargie à l'ensemble de la gauche. Toutefois, le PS s'oppose à une campagne commune avec La France insoumise (LFI). Olivier Faure avait un temps appelé à une primaire de la gauche sans LFI, sans être entendu par son propre camp.
Le PS choisira donc son candidat de manière autonome, tandis que LFI a déjà désigné Jean-Luc Mélenchon. Les écologistes et les communistes réfléchissent également à la désignation de leurs propres candidats. Le vainqueur de la primaire socialiste devra ainsi composer avec un paysage politique fragmenté à gauche.
La primaire du PS et de Place publique constitue une étape décisive pour la construction d'une offre politique crédible à gauche en vue de l'élection présidentielle de 2027. Les électeurs sont appelés à se prononcer lors des week-ends des 9-10 et 17-18 octobre.