L'État renforce les dispositifs de prise en charge de la douleur cancéreuse
Dans le cadre de la politique nationale de lutte contre le cancer, les autorités sanitaires mettent l'accent sur l'amélioration des dispositifs de prise en charge de la douleur, qui concerne 60 % des patients atteints de pathologies cancéreuses selon les données de la Ligue contre le cancer.
Un enjeu de santé publique majeur
Le professeur Claude Linassier, directeur du pôle prévention, organisation et parcours de soins à l'Institut national du cancer, rappelle que "la sédation de la douleur est un droit fondamental". Les données épidémiologiques révèlent que deux patients sur trois souffrent de douleurs égales ou supérieures à 5 sur l'échelle EVA, nécessitant une intervention thérapeutique adaptée.
L'expertise médicale démontre que "le traitement de la douleur n'est jamais impossible", avec des solutions efficaces dans plus de 90 % des cas. Cette performance s'appuie sur une approche multidisciplinaire intégrant les soins de support au parcours thérapeutique standard.
Dispositifs thérapeutiques et innovation
La stratégie thérapeutique s'articule autour de plusieurs axes :
- Traitements curatifs (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie) agissant sur la cause
- Approche médicamenteuse graduée du paracétamol aux opioïdes
- Médicaments co-antalgiques pour les douleurs neuropathiques
- Soutien psychologique intégré aux soins de support
Les innovations thérapeutiques incluent de nouveaux dispositifs transdermiques pour les douleurs neuropathiques périphériques et le sufentanil sublingual, analgésique hospitalier d'une efficacité sept à dix fois supérieure au fentanyl.
Évolution réglementaire du cannabis thérapeutique
Concernant le cannabis médical, expérimenté depuis plus de vingt ans dans des pays comme le Canada et les Pays-Bas, "son utilisation très encadrée est possible dans les centres de traitement de la douleur" depuis 2025-2026, selon les nouvelles dispositions réglementaires.
Bilan des politiques publiques
Depuis le premier Plan cancer de 2003, les autorités sanitaires constatent "beaucoup d'avancées dans la gestion de la douleur". Cette progression s'appuie sur le développement d'outils d'évaluation standardisés et l'adaptation personnalisée des protocoles thérapeutiques.
La recherche publique progresse sur plusieurs fronts : développement de médicaments non opioïdes, techniques interventionnelles ciblant les nerfs, radiothérapie de précision et outils numériques pour le suivi personnalisé de la douleur.
Les professionnels de santé encouragent les patients à signaler rapidement toute manifestation douloureuse pour optimiser la prise en charge thérapeutique dans le cadre du parcours de soins coordonné.