Lors de la session ordinaire de l'Assemblée générale des Nations unies, le 22 septembre, le président de la République, Emmanuel Macron, a prononcé son dernier discours en tant que chef de l'État. Dans une intervention d'une trentaine de minutes, il a appelé à un sursaut collectif face au « retour de l'impérialisme » et à la « loi de la jungle », tout en réaffirmant le rôle central de la France dans la défense du droit international.
Un discours centré sur l'action multilatérale
Le chef de l'État a d'emblée cadré son propos : « Le discours à l'Assemblée générale de l'ONU, ce n'est pas un grand oral ou un concours d'éloquence, c'est l'exposé de ce que nous voulons faire, pour de vrai ». Il a ainsi exhorté les États membres à ne « rien céder » face aux puissances qui tenteraient de fragiliser l'ordre multilatéral. Emmanuel Macron a décrit l'ONU comme « une maison commune qui réunit les peuples libres, égaux » et a réaffirmé l'engagement de la France à « renouveler les conditions de l'action multilatérale ».
Le président a également dénoncé les ingérences étrangères, accusant certains États de vouloir « se substituer au peuple pour changer tel régime ou changer tel système », une critique implicite à l'égard des États-Unis et d'Israël. Il a mis en avant l'initiative franco-mexicaine visant à encadrer le droit de veto en cas d'atrocités de masse, désormais soutenue par 128 États membres.
La situation au Proche-Orient au cœur des préoccupations
Sur le conflit israélo-palestinien, Emmanuel Macron a adopté un ton ferme à l'égard du gouvernement de Benyamin Netanyahou. Il a déploré que la paix « n'a pas rouvert une seule seconde les voies humanitaires » et a critiqué les actions israéliennes en Cisjordanie, où le Hamas n'est pas actif. « Devons-nous contempler ce spectacle qui nous fait honte à tous ? Jamais ! » a-t-il lancé, avant de rappeler que la sécurité d'Israël est indissociable du respect des droits légitimes du peuple palestinien.
Le bureau du Premier ministre israélien a réagi vivement, qualifiant les propos du président français d'« absurdité grotesque ». Benyamin Netanyahou doit s'exprimer jeudi devant l'Assemblée générale.
Guerre en Ukraine, Iran, climat et IA : les autres priorités
Le président a réaffirmé le soutien « sans faille » de la France à l'Ukraine, tout en plaidant pour une négociation « utile » avec Moscou. Il a également proposé un « moratoire sur la mer Noire » pour libérer les céréales, et a fait de la réouverture du détroit d'Ormuz une « priorité » pour le commerce mondial d'hydrocarbures.
Enfin, Emmanuel Macron a appelé à « réconcilier le Nord et le Sud », à ne pas dévier des accords de Paris sur le climat, et a convié les États souverains à s'unir pour développer un modèle d'intelligence artificielle « open source », refusant que la Chine et les États-Unis « décident de tout ».