Affaire Jubillar : le récit détaillé des aveux de Cédric lors de sa dernière audition
Le 18 septembre 2026, Cédric Jubillar a été entendu par une juge à Toulouse dans le cadre de l'enquête sur la disparition de son épouse Delphine. Lors de cette audition capitale, dont La Dépêche du Midi a pu consulter le contenu, l'artisan plaquiste de 39 ans a livré un récit circonstancié des faits, reconnaissant avoir étranglé sa femme dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines (Tarn). Cette version sera confrontée aux éléments de l'enquête lors d'une reconstitution prévue ce vendredi.
Le contexte familial avant les faits
Le couple, parents de deux enfants, était en instance de divorce. L'ambiance était tendue au sein du pavillon familial. Delphine Jubillar, infirmière à Albi, avait annoncé officiellement à son mari, dans la nuit des faits, qu'elle entretenait une autre relation. Cette annonce constitue le point de départ du drame selon les déclarations de Cédric Jubillar.
Le déroulement de l'étranglement selon Cédric Jubillar
Cédric Jubillar décrit une scène survenue dans la cuisine du domicile familial aux alentours de 1h30. Il affirme avoir réagi sous le coup de la colère après une phrase prononcée par son épouse : « J'en ai trouvé un qui fait mieux l'amour que toi ». Selon son récit, il aurait maintenu Delphine par le cou pendant environ deux minutes, sans qu'elle ne se débatte. Il précise avoir agi dans un « état second », sans mesurer sa force.
L'homme indique ne pas comprendre le témoignage de son fils Louis, alors âgé de six ans, qui a déclaré avoir assisté à une dispute par l'entrebâillement d'une porte. Cédric Jubillar conteste cette version, affirmant que la porte du couloir était grande ouverte.
Une absence de préméditation revendiquée
Interrogé par la juge Élodie Billot sur une éventuelle préméditation, Cédric Jubillar la réfute catégoriquement. Il argue que s'il avait planifié son acte, il aurait choisi un autre lieu que le domicile familial pendant que ses enfants dormaient. Il conteste également les menaces de mort rapportées par l'enquête, les présentant comme des paroles prononcées sous le coup de la colère.
Concernant les consultations du site de Mailhoc sur Google Maps, où des restes de la dépouille ont été retrouvés en juillet, il affirme ne pas se souvenir de ces recherches, évoquant un éventuel chantier dans la région.
La dissimulation du corps à Mailhoc
Cédric Jubillar relate avoir transporté le corps de son épouse dans le coffre de sa Peugeot 207, après l'avoir portée sur son épaule droite. Il dit avoir roulé sans objectif précis, évitant Albi pour emprunter une route plus sombre en direction de Cordes-sur-Ciel, avant d'apercevoir des tas de terreau à Mailhoc, à une douzaine de kilomètres de son domicile. L'enfouissement aurait pris dix minutes, effectué à mains nues.
Sur le chemin du retour, il aurait élaboré le scénario destiné à masquer son crime. Il indique avoir attendu 3h54 avant de simuler un réveil et d'effectuer ses premiers appels à 4h09, déclarant la disparition de sa femme.
La disparition du téléphone de Delphine
De retour à Cagnac, Cédric Jubillar affirme avoir aperçu le téléphone de son épouse sur le canapé. Il l'aurait placé dans un sac-poubelle avec sa doudoune et des bottines, avant de déposer le tout dans un conteneur situé à proximité du domicile. Il dit ne pas comprendre la réactivation de ce téléphone à 6h52, déclarant ne pas posséder le code de déverrouillage. L'appareil n'a jamais été retrouvé.
Un procès en appel programmé pour 2027
Condamné à 30 ans de réclusion en première instance, Cédric Jubillar a vu son procès en appel reporté. L'audience est désormais fixée du 30 avril au 14 mai 2027. Depuis ses aveux du 6 juillet 2026, transmis par lettre à ses avocats, des restes de la dépouille de Delphine Jubillar ont été retrouvés à Mailhoc. L'homme évoque aujourd'hui un travail psychologique engagé avec son accompagnatrice et son avocat, Pierre Debuisson, afin d'exprimer ses ressentis et de poursuivre ce travail en détention.
La reconstitution prévue ce vendredi permettra de confronter cette version des faits aux éléments matériels collectés par les enquêteurs. Les avocats des parties civiles ont d'ores et déjà exprimé leurs réserves quant à la compatibilité de ce récit avec les constatations de l'enquête.