À Rive-de-Gier, une première femme maire incarne le renouveau de la gouvernance locale
Quatre mois après les élections municipales, les nouvelles équipes municipales mettent en œuvre leurs premiers projets. Parmi les 7 800 femmes élues maires en France, soit 23 % des communes, une progression lente mais significative se dessine. À Rive-de-Gier, dans la Loire, Séverine Reynaud est devenue la première femme maire de l’histoire de cette commune de 15 000 habitants. Son élection suscite un espoir palpable, tant pour l’action publique locale que pour la place des femmes dans la vie politique.
Une élection porteuse d’espoir pour les habitantes
Sur le marché de Rive-de-Gier, la nouvelle maire est régulièrement interpellée par des administrés. Beaucoup saluent ce changement. Rosine, habitante depuis 1957, confie : « On n’attendait que ça. Les femmes ont une autre vision. Je pense que ça avance plus que les hommes. » Une autre résidente ajoute que « le côté émotionnel d’une femme apporte un petit plus d’écoute ». Un homme du quartier observe que « les femmes ont tendance à être plus organisées ».
Ces témoignages reflètent une attente citoyenne forte pour une gouvernance plus proche des réalités quotidiennes. Séverine Reynaud, 55 ans, mère de quatre enfants et ancienne vice-présidente du département de la Loire, incarne cette volonté de renouvellement.
Des attaques sexistes pendant la campagne
Mais ce parcours n’a pas été sans embûches. Pendant sa campagne, la candidate a dû faire face à des remarques sexistes. « On a des attaques que les hommes politiques n’ont pas, en dessous de la ceinture, assez violentes », témoigne-t-elle. Certains administrés doutent encore de la légitimité des femmes à exercer les plus hautes responsabilités locales. René, 80 ans, affirme : « Je n’ai rien contre les femmes, mais elle n’est pas technique », avant de reconnaître que les hommes « n’ont pas vraiment amélioré la situation ».
Un message d’espoir et un engagement collectif
Pour Séverine Reynaud, cette élection dépasse le cadre personnel. « Je porte un message d’espoir pour les femmes. C’est important pour moi. J’ai eu beaucoup de témoignages de femmes qui m’ont dit : On a suivi ton exemple, on s’est engagées », explique-t-elle. Sa volonté de faire évoluer les mentalités se traduit dans la composition de son équipe municipale : sur ses neuf adjoints, quatre sont des femmes. Dans la vallée du Gier, six des vingt-deux communes sont désormais dirigées par une maire.
Cette dynamique locale illustre une évolution plus large de la gouvernance territoriale en France, où la féminisation des exécutifs locaux progresse, même si elle reste inachevée.