Alzheimer : un spray nasal issu du placenta humain ouvre une piste prometteuse
Des chercheurs italiens ont mis au point un spray nasal à base de vésicules extracellulaires issues de cellules de la membrane amniotique humaine. Administré à des souris, ce traitement expérimental a atteint l'hippocampe, réduit l'inflammation cérébrale et préservé les capacités de mémorisation. Ces résultats, publiés le 9 septembre 2026 dans la revue Translational Neurodegeneration, restent précliniques mais ouvrent une voie de recherche originale pour lutter contre la maladie d'Alzheimer.
Un mode d'administration innovant pour cibler la mémoire
Le principe repose sur l'utilisation de vésicules extracellulaires produites par des cellules de la membrane amniotique humaine. Administrées par voie nasale, ces messagers biologiques empruntent les voies reliant le nez au tissu cérébral. Chez les souris étudiées, ils ont atteint l'hippocampe, région essentielle à la mémoire, et ont été intégrés par les neurones ainsi que par la microglie, les cellules immunitaires du cerveau.
Cette recherche a été menée par l'Università Cattolica del Sacro Cuore, la Fondazione Policlinico Universitario A. Gemelli IRCCS et le Centre de recherche E. Menni.
Agir sur l'environnement des neurones plutôt que sur les seules protéines
Dans la maladie d'Alzheimer, l'accumulation de bêta-amyloïde et les anomalies de la protéine tau jouent un rôle central. Mais l'inflammation cérébrale contribue également à la dégradation neuronale. Les vésicules testées ne se contentent pas d'inhiber cette inflammation : elles remodèlent l'environnement inflammatoire et modifient l'état de la microglie, créant des conditions plus favorables au fonctionnement des neurones.
Dans l'hippocampe des souris traitées, les chercheurs ont observé une augmentation de protéines impliquées dans la plasticité cérébrale et le fonctionnement des synapses, notamment BDNF, GluA1 et ARC. Les animaux ont également obtenu de meilleurs résultats à plusieurs tests de mémoire. La quantité de bêta-amyloïde hippocampique a diminué, tandis que la phosphorylation de tau est restée inchangée.
Des résultats encourageants mais encore éloignés d'une application clinique
L'équipe a également testé les vésicules sur des neurones humains produits en laboratoire à partir de cellules de patients atteints d'Alzheimer. Les résultats montrent une meilleure préservation des prolongements neuronaux et une augmentation des protéines synaptiques. Ces données restent toutefois préliminaires.
« Ces résultats précliniques nécessitent une validation plus poussée chez l'humain et ne constituent pas encore un traitement disponible pour la maladie d'Alzheimer, mais ils ouvrent une voie très prometteuse : comprendre si certains des mécanismes par lesquels le placenta régule naturellement l'inflammation et protège les tissus pourrait offrir de nouveaux outils pour le traitement des maladies neurodégénératives », souligne Claudio Grassi, directeur du département de neurosciences de l'Università Cattolica.
Quelles perspectives pour la recherche sur les maladies neurodégénératives ?
Cette approche explore une question complémentaire aux stratégies visant à éliminer les protéines caractéristiques d'Alzheimer : comment restaurer un environnement cérébral dans lequel les neurones peuvent continuer à fonctionner et à communiquer ?
Chez l'être humain, il faudra encore démontrer que cette stratégie est efficace, sûre et capable de préserver durablement les fonctions cognitives. Pour les chercheurs, le placenta pourrait contenir des mécanismes naturels de protection du tissu nerveux encore largement inexploités.
Questions fréquentes sur ce spray nasal expérimental contre Alzheimer
Ce spray nasal est-il disponible pour les patients ?
Non. Ce traitement est encore au stade préclinique. Des essais supplémentaires sont nécessaires pour valider son efficacité et sa sécurité chez l'humain avant toute application clinique.
Comment ce spray nasal agit-il sur le cerveau ?
Les vésicules extracellulaires issues du placenta humain, administrées par voie nasale, atteignent l'hippocampe et modifient l'environnement inflammatoire du cerveau. Elles favorisent la plasticité neuronale et la préservation des fonctions de mémoire chez la souris.
Quels sont les résultats observés chez les souris ?
Les souris traitées présentent une augmentation de protéines synaptiques, une diminution de la bêta-amyloïde dans l'hippocampe et de meilleurs résultats aux tests de mémoire.
Photo : Doctissimo
Sources : Papait, A., Natale, F., Silini, A.R. et al. Human amniotic mesenchymal stromal cell-derived extracellular vesicles reprogram microglia and prevent neurodegeneration in experimental models of Alzheimer's disease. Transl Neurodegener 15, 46 (2026). https://doi.org/10.1186/s40035-026-00581-1 ; Università Cattolica del Sacro Cuore, 10 septembre 2026.