Le documentaire NAZA, présenté le 10 septembre 2026 à la Mostra de Venise, examine les procédures opérationnelles de l'armée israélienne dans la bande de Gaza. Réalisé par les journalistes d'investigation Yuval Abraham et Rachel Szor, le film s'appuie sur les témoignages de 24 membres des services de renseignement israéliens pour décrire les dispositifs technologiques utilisés lors des frappes.
Le terme « NAZA » désigne, dans le vocabulaire militaire israélien, le nombre de victimes civiles jugé acceptable lors d'une opération aérienne. Les entretiens, anonymisés et filmés de nuit à Tel-Aviv, ont été recueillis auprès d'officiers et d'agents du renseignement. Les réalisateurs, déjà auteurs du documentaire oscarisé No Other Land (2024), ont reçu une ovation debout de 25 minutes à l'issue de la projection.
Quels systèmes technologiques sont décrits dans le documentaire ?
Les témoignages décrivent le recours à des outils d'intelligence artificielle et à des logiciels espions pour localiser des membres présumés du Hamas via leurs téléphones portables. Selon les déclarations rapportées, ces dispositifs permettaient de suivre des individus et leurs familles, puis de procéder à des frappes sur des immeubles résidentiels. L'un des témoins évoque la destruction d'édifices entiers sans que la procédure « NAZA » ne soit considérée comme un obstacle.
La coréalisatrice Rachel Szor souligne que ces agents disposaient d'une connaissance précise des opérations en cours. Le film montre également comment la surveillance des infrastructures de télécommunications palestiniennes a été mise en place antérieurement au 7 octobre 2023, dans le cadre du contrôle administratif exercé par Israël sur la bande de Gaza.
Quel est le contexte factuel rappelé par le film ?
Le documentaire rappelle que l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023 a causé la mort de 1 221 personnes en Israël, selon des chiffres officiels. Il indique que plus de 73 000 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza depuis le début de l'offensive israélienne. Yuval Abraham précise que certaines estimations avancent un bilan plus élevé.
Les réalisateurs estiment que les opérations militaires visaient à concentrer la population gazaouie dans des zones réduites du territoire, puis à favoriser son déplacement hors de la bande de Gaza. Les témoins interrogés se décrivent comme des exécutants techniques, relevant de l'élite de l'armée israélienne.
Quelle réception pour ce documentaire à la Mostra ?
La première projection de NAZA a été saluée par une standing ovation de 25 minutes. L'an dernier, le documentaire La voix de Hind Rajab, consacré au décès d'une fillette palestinienne, avait obtenu le deuxième prix du festival après une ovation de 23 minutes.
Le film s'inscrit dans la continuité du travail documentaire de Yuval Abraham et Rachel Szor sur les conséquences humaines du conflit. Il propose une analyse des mécanismes décisionnels et techniques ayant conduit aux frappes, à partir de sources internes au dispositif militaire israélien.