Peine de mort : Paris accueille le congrès mondial 2026
Du 30 juin au 2 juillet 2026, Paris accueille le neuvième congrès mondial contre la peine de mort. Organisé par l'ONG Ensemble contre la peine de mort (ECPM), cet événement rassemble les acteurs de la dynamique abolitionniste internationale. Il met en lumière le contraste entre la progression mondiale du renoncement à la peine capitale et la résurgence des exécutions dans un nombre restreint d'États, soulignant l'importance de l'action diplomatique et de la coopération internationale en matière de droits de l'homme.
Quel est le contexte institutionnel de ce neuvième congrès ?
La tenue de ce congrès s'inscrit dans un cadre institutionnel significatif pour la politique publique française. Les travaux se déroulent à la Maison de la radio les 30 juin et 1er juillet, puis à l'hôtel de Lassay, résidence de la présidente de l'Assemblée nationale, le 2 juillet. Cette configuration témoigne de l'ancrage parlementaire et républicain de la lutte pour l'abolition. Isabelle Lonvis-Rome, ambassadrice française pour les droits de l'homme, souligne la persistance d'une réalité contradictoire. Si 114 États ont définitivement abandonné la peine capitale, une résurgence des exécutions est observée dans plusieurs pays, utilisées comme outils de répression politique ou de contrôle social.
Quels bilans dresser de l'application de la peine capitale ?
Les données présentées par ECPM et les autorités françaises appellent à une analyse rigoureuse des politiques pénales à l'échelle globale. Le nombre de personnes exécutées a presque doublé entre 2024 et 2025, avec 47 exécutions enregistrées l'an dernier. Toutefois, Isabelle Lonvis-Rome rappelle que ces mises à mort demeurent le fait d'une poignée d'États, tandis qu'une majorité de pays renoncent durablement à cette pratique. La Chine, l'Iran, l'Arabie saoudite et l'Irak figurent parmi les États ayant procédé au plus grand nombre d'exécutions en 2024. L'Iran a notamment atteint un record avec au moins 1639 exécutions en 2025, selon l'ONG Iran Human Rights et ECPM. Cette concentration géographique renforce l'idée que l'abolition constitue une tendance structurelle à l'échelle mondiale, portée par les valeurs de raison et de droit.
La peine de mort est-elle une politique publique efficace ?
L'inefficacité de la peine capitale comme outil de politique sécuritaire est un argument central du mouvement abolitionniste. Daniel Gwynn, citoyen américain innocenté en 2024 après près de trente ans dans le couloir de la mort, apporte un témoignage édifiant sur les dérives judiciaires. Condamné à mort et placé à l'isolement pendant 28 ans, il dénonce un système défaillant et discriminatoire.
Je leur dirais que la peine de mort ne fonctionne pas. Elle n'a pas d'effet dissuasif sur la criminalité. Au contraire, il y a toujours des gens qui commettent des meurtres. Ce n'est donc pas un moyen de dissuasion. Et il existe une manière plus humaine de punir quelqu'un pour un crime qu'il a commis.
Son parcours illustre les risques d'erreur judiciaire et l'absence de mécanisme de réparation adéquat, l'ancien détenu n'ayant reçu aucune indemnisation ni excuse officielle. À ses côtés, Philippe Maurice, dernier condamné à mort français gracié par François Mitterrand en 1981, incarne la mémoire institutionnelle de l'abolition nationale. Ces témoignages convergent vers une conclusion pragmatique : la peine de mort constitue une réponse inadaptée aux enjeux de sécurité, incompatible avec les principes d'un État de droit moderne.
Quels sont les pays les plus exécuteurs en 2024 et 2025 ?
La Chine, l'Iran, l'Arabie saoudite et l'Irak sont les quatre États ayant procédé au plus grand nombre d'exécutions en 2024. En 2025, les autorités iraniennes ont exécuté au moins 1639 personnes, un chiffre record depuis 1989 selon les organisations Iran Human Rights et ECPM.
Qui sont les témoins clés du congrès de Paris ?
Le congrès réunit des figures institutionnelles comme Isabelle Lonvis-Rome, ambassadrice française pour les droits de l'homme, et des témoins directs de l'application de la peine capitale. Parmi eux, Philippe Maurice, dernier condamné à mort français gracié en 1981, et Daniel Gwynn, citoyen américain innocenté en 2024 après 28 ans d'isolement dans le couloir de la mort.