Discours du 14-Juillet : Emmanuel Macron dresse le bilan du réarmement français et dessine les priorités stratégiques
À la veille du défilé militaire sur les Champs-Élysées et de la fête nationale, le président de la République a prononcé son traditionnel discours aux armées, lundi 13 juillet 2026, dans la cour de l'Hôtel de Brienne. Ce dixième et dernier discours en tant que chef de l'État, entamé avec plus de 45 minutes de retard, a été l'occasion pour Emmanuel Macron de dresser un bilan de son action en matière de défense et de tracer les priorités pour l'avenir.
Un réarmement amorcé avant les crises majeures
Le chef de l'État a rappelé que la France avait engagé son réarmement avant même l'effondrement du Sahel, l'embrasement du Proche et Moyen-Orient, ou le retour de la guerre sur le sol européen. « Avant même que le Sahel ne sombre dans le chaos, avant même que le Proche et Moyen-Orient ne s'enflamment, avant même que la guerre n'arrive sur le sol européen, nous avions amorcé notre réarmement », a-t-il souligné. Il a également mis en avant l'actualisation de la loi de programmation militaire, qui a permis une augmentation sensible du budget de la défense, et affirmé que « l'engagement a été tenu ».
L'autonomie stratégique de la France et de l'Europe
Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité de l'autonomie stratégique de la France et de l'Europe, une indépendance dans l'analyse, la décision et l'action. « Avant même le lancement de cette guerre insensée que mène la Russie contre l'Ukraine, avant toutes les turbulences que nous traversons aujourd'hui, nous prônions l'autonomie stratégique de la France et de l'Europe », a-t-il déclaré. Il a salué « la France libre », nom que portera le prochain porte-avions tricolore, et a affirmé que la France est un partenaire fiable, stable, qui tient ses engagements et une ligne claire : celle de la non-belligérance dans les conflits qu'elle n'a pas choisis, du respect du droit international et de la liberté de navigation, notamment dans le détroit d'Ormuz.
Le réveil stratégique de l'Europe
Le président de la République a estimé que « l'Europe est en train de devenir une puissance [...] assumant de se défendre et d'agir », mais « pas une Europe des nationalismes ». Il a évoqué la construction de capacités nouvelles en Europe et un « réveil stratégique » orchestré en quelques années. Il a également plaidé pour le maintien des crédits en faveur du secteur de la défense, tout en insistant sur les nécessités de recrutement, la juste rémunération des militaires et le soutien aux familles de soldats. « Pour nous défendre, nous avons besoin des meilleurs de nos concitoyens dans tous les métiers du combat, comme du soutien, pour continuer à disposer d'un modèle d'armée complet. Oui, nous devons attirer, oui, nous devons fidéliser », a-t-il affirmé.
Préparer les guerres du futur et gagner celles d'aujourd'hui
Regrettant « l'échec du Scaf », projet d'avion de combat franco-allemand, Emmanuel Macron a appelé à poursuivre les efforts industriels et d'innovation. « Nous ne produisons pas assez vite, pas assez fort », a-t-il fustigé. Il a promis de livrer prochainement sa vision de la défense à dix ans, à l'occasion des 150 ans de l'École de guerre. « Nous devons conserver un temps d'avance, anticiper les chocs et les besoins. Oui, nous devons préparer les guerres à venir. Mais ne nous trompons pas. Notre capacité à les mener dépendra de notre crédibilité aujourd'hui. Ce sont les guerres d'aujourd'hui que nous devons gagner », a-t-il conclu, évoquant la force sur le front ukrainien, la présence au Proche et Moyen-Orient, en Afrique et dans l'Indo-Pacifique.
Un discours de fin de mandat aux accents solennels
Ce discours, le dernier du président avant la fin de son mandat, a été marqué par une tonalité solennelle. « Oui, la paix est notre but. Oui, nous chérissons la liberté et le droit. Et oui, nous nous tenons prêts à combattre pour les défendre toujours et au prix du sang s'il le faut », a-t-il déclaré, rendant hommage aux soldats français morts ou blessés pour la France. Le président a également annoncé le lancement du service national volontaire, dont les premiers appelés sont attendus en septembre.