Budget de l’UE : Berlin appelle à une refonte des priorités face à des marges limitées
Alors que l’Union européenne s’apprête à négocier son cadre financier pluriannuel 2028-2034, le ministre d’État allemand chargé de l’Europe, Gunther Krichbaum, a rappelé que les marges de manœuvre budgétaires sont restreintes. Dans un entretien accordé à Euronews, il a plaidé pour une révision en profondeur des priorités européennes, liant la question de l’élargissement à celle d’un budget repensé.
Un élargissement par étapes pour intégrer sans grever les finances
Gunther Krichbaum a défendu la proposition du chancelier Friedrich Merz d’une adhésion associée pour l’Ukraine, la Moldavie et les pays des Balkans occidentaux. Ce statut de membre associé, sans droit de vote, permettrait une participation aux sessions du Parlement européen. « Cela ne nous coûterait pas un euro, pas un centime », a-t-il souligné, y voyant un signal fort adressé à la Chine et à la Russie.
Le ministre a critiqué le modèle actuel d’adhésion, qu’il compare à un « concours de saut en hauteur » où la barre des exigences juridiques (l’acquis communautaire) ne cesse de s’élever. Il propose un système en paliers, un escalier menant à une adhésion pleine et entière, sans impasse. « La final destination est et reste l’adhésion pleine et entière à l’Union européenne », a-t-il insisté.
Un budget sous tension : réduction drastique et nouvelles priorités
Le projet de budget de la Commission européenne, estimé à 1,7 billion d’euros sur sept ans, est jugé trop élevé par Berlin, qui réclame une réduction de 400 milliards d’euros. Pour Krichbaum, la question centrale est celle de la répartition des fonds. Il appelle à une refonte radicale : « Si nous devions réinventer aujourd’hui l’Union européenne, nous ne commencerions pas par la politique agricole », a-t-il déclaré, plaidant pour une priorité donnée à la sécurité, à la défense, à la cybersécurité, à l’espace et à l’intelligence artificielle.
Il propose de regrouper la politique de cohésion et la politique agricole dans un seul pilier, laissant aux États membres le soin de décider de la pondération. L’agriculture resterait importante, mais l’accent devrait être mis sur les domaines porteurs de prospérité future.
Un calendrier serré pour les négociations
Krichbaum espère qu’un accord sur le cadre financier pluriannuel pourra être trouvé d’ici la fin de l’année 2026. « Je l’espère pour de multiples raisons, car nous pouvons peut-être prévoir ce qui se passera encore au cours de cette année 2026. Mais je ne peux pas prévoir tout ce qui se passera en 2027 », a-t-il expliqué, soulignant l’urgence face à des négociations déjà complexes.
FAQ : Questions clés sur le budget et l’élargissement de l’UE
Quel est le montant du futur budget de l’UE proposé par la Commission ?
La Commission européenne a proposé un budget de 1,7 billion d’euros pour la période 2028-2034. Berlin demande une réduction de 400 milliards d’euros.
Qu’est-ce que l’adhésion associée proposée par l’Allemagne ?
Il s’agit d’un statut de membre associé, sans droit de vote, permettant aux pays candidats (Ukraine, Moldavie, Balkans occidentaux) de participer aux sessions du Parlement européen. Ce statut serait une étape vers une adhésion pleine et entière.
Pourquoi Gunther Krichbaum critique-t-il le modèle actuel d’adhésion ?
Il estime que l’acquis communautaire est devenu trop exigeant pour les candidats, comparable à une barre de saut en hauteur passée de 1,50 mètre à 2,10 mètres. Il propose un système en paliers pour faciliter l’intégration.