Modernisation de la station d'épuration de Brest : un chantier de 150 000 € pour sécuriser le traitement des eaux usées
La station d'épuration de la zone portuaire de Brest, située rue Charles Cornic, fait l'objet de travaux de maintenance d'envergure. Depuis fin août 2026, l'un de ses deux bassins de traitement a été vidé pour permettre le remplacement des agitateurs et des aérateurs, des équipements essentiels au processus biologique de dépollution. Cette opération, d'un coût de 150 000 €, s'inscrit dans un cycle de renouvellement décennal et sera suivie d'une intervention similaire sur le second bassin l'an prochain.
Un outil essentiel pour le traitement des eaux usées de la métropole brestoise
La station d'épuration de Brest traite quotidiennement un volume considérable d'eaux usées. En 2025, elle a ainsi traité 13 millions de m³, soit une moyenne de 36 000 m³ par jour. Ce volume peut varier sensiblement selon les saisons, avec des pointes hivernales dépassant 70 000 m³ quotidiens. À titre de comparaison, un record de 22 000 m³ a été enregistré à la mi-août 2026, témoignant d'une consommation réduite en période de sécheresse.
L'installation, qui date de 1972 et a été rénovée en 2004, est la propriété de Brest métropole. La délégation de service public a été confiée à Suez, qui assure l'entretien et la maintenance depuis 2019. L'usine traite les eaux usées de la rive gauche et du nord de Brest, ainsi que celles des communes de Gouesnou, Guipavas, Le Relecq-Kerhuon, Bohars et Guilers, représentant 163 000 équivalents habitants. Les eaux pluviales de la partie brestoise y sont également acheminées.
Un processus de traitement en plusieurs étapes
Dès leur arrivée, les eaux usées passent à travers une grille qui opère un premier tri. Ce dispositif permet notamment de retenir les lingettes, dont l'usage inapproprié constitue un défi récurrent pour les exploitants. S'ensuit une phase de dessablage et de déshuilage, où les sables descendent au fond du bassin tandis que les graisses remontent en surface. Ces dernières sont actuellement brûlées, mais un système de méthanisation est en cours de test.
Le cœur du traitement repose sur deux bassins de plus de 18 000 m³ chacun, soit l'équivalent de 120 000 baignoires. Des bactéries y sont cultivées pour dégrader la pollution. Certaines d'entre elles nécessitent de l'oxygène pour fonctionner, d'où l'importance des équipements d'aération. Chaque bassin est équipé de deux agitateurs et de 2 112 aérateurs, dont les membranes en polymère doivent être remplacées tous les dix ans. Le vieillissement de ces membranes, qui se bouchent et perdent en efficacité, justifie cette maintenance périodique.
La vidange du premier bassin a permis de transférer les eaux usées vers le second, qui fonctionne actuellement avec un temps de séjour réduit de moitié et une concentration bactérienne doublée. Le bassin en cours de rénovation sera réensemencé en nouvelles bactéries lors de sa remise en service, dans moins d'un mois. Une opération identique est programmée l'an prochain pour le second bassin.
Après ce traitement biologique, l'eau transite par trois bassins clarificateurs où elle se décante. Les particules de boues restantes tombent au fond avant d'être extraites. Cette étape permet d'obtenir une eau dite « épurée », prête à être rejetée dans la rade.
Des objectifs de performance énergétique et environnementale
La station d'épuration de Brest affiche une consommation électrique de 4,5 kWh par an, représentant une facture d'environ 500 000 €. L'aération constitue le principal poste de dépense énergétique. Dans une logique de sobriété, l'objectif est de réduire cette consommation de 7 à 8 %.
La qualité des eaux rejetées fait l'objet d'un contrôle quotidien. Eau du Ponant et l'Agence régionale de santé (ARS) effectuent des prélèvements à l'entrée de l'usine, en sortie avant le rejet dans la rade, ainsi que dans les eaux de baignade à proximité.
Vers une réutilisation des eaux traitées ?
Face à la raréfaction de la ressource en eau, même en Bretagne, la question de la réutilisation des eaux usées traitées se pose avec acuité. « Nous étudions avec le Cerema un appel à projets national pour la réutilisation de ces eaux en milieu littoral », explique Noémie Saint-Hilary, directrice générale d'Eau du Ponant. « Nous sommes en zone industrielle. Il y a des besoins, autour de nous, en refroidissement, en nettoyage… »
Quelle trajectoire pour le traitement des boues ?
La gestion des boues issues du traitement constitue un autre enjeu majeur. Jusqu'en 2022, un four d'incinération était utilisé sur le site, mais son remplacement, jugé trop onéreux, n'a pas été réalisé. Depuis, les 20 000 tonnes de boues produites annuellement sont évacuées par camions vers des plateformes de compostage, pour un épandage dans les champs.
Des pistes alternatives sont explorées. Une étude est en cours pour produire du méthane à partir de ces boues. Par ailleurs, l'usine d'incinération du Spernot, qui traite de moins en moins de déchets, pourrait constituer une solution à terme. « Si d'autres collectivités s'équipent, il faudrait la faire tourner et peut-être que les boues de cette station pourraient aussi y être brûlées », note Fabrice Jacob, président d'Eau du Ponant.
Questions fréquentes sur la station d'épuration de Brest
Quelle est la capacité de traitement de la station d'épuration de Brest ?
La station traite en moyenne 36 000 m³ d'eaux usées par jour, avec des pointes hivernales pouvant dépasser 70 000 m³. En 2025, elle a traité 13 millions de m³ au total.
Pourquoi les aérateurs et agitateurs doivent-ils être remplacés ?
Ces équipements, essentiels au processus biologique de traitement, doivent être renouvelés tous les dix ans. Les membranes en polymère des aérateurs vieillissent, se bouchent et perdent en efficacité, ce qui justifie leur remplacement périodique.
Quel est le coût de ces travaux de maintenance ?
Le remplacement des équipements d'un bassin coûte 150 000 €. Les travaux, qui durent moins d'un mois, seront suivis d'une opération similaire sur le second bassin l'an prochain.
Les eaux traitées sont-elles réutilisées ?
Actuellement, les eaux épurées sont rejetées dans la rade après contrôle. Un projet de réutilisation en milieu industriel est à l'étude, en partenariat avec le Cerema, dans le cadre d'un appel à projets national.