Affaire Deranque : deux plaintes déposées pour violences contre des militants identitaires
Le 28 juillet 2026, l'AFP a révélé que deux personnes mises en examen dans l'enquête sur la mort de Quentin Deranque, survenue en février à Lyon, ont déposé des plaintes pour violences visant des militants identitaires. Cette information, confirmée par Me Bertrand Sayn, avocat de Jacques-Elie Favrot, ancien assistant parlementaire LFI, vise à permettre aux plaignants de se constituer partie civile et d'accéder aux éléments de l'enquête. Les faits, qui s'inscrivent dans un contexte de tensions entre groupes d'ultradroite et d'ultragauche, interrogent les modalités de traitement judiciaire des violences politiques.
Contexte des faits et procédure judiciaire
Quentin Deranque, 23 ans, militant identitaire évoluant dans la mouvance d'ultradroite lyonnaise, est décédé le 14 février 2026, deux jours après avoir été violemment frappé au sol par plusieurs individus encagoulés. L'agression s'est produite le 12 février, en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon, où Deranque assurait la sécurité de militantes du collectif Némésis. Une information judiciaire, conduite par trois juges d'instruction, est ouverte pour meurtre, participation à une association de malfaiteurs et violences aggravées. Neuf personnes ont été mises en examen, dont Jacques-Elie Favrot pour complicité.
Les plaintes et leur portée juridique
Selon France Inter, les plaintes déposées accusent 15 militants d'ultradroite de violences en réunion avec préméditation, armes et dissimulation du visage. Ces plaintes, déposées avec constitution de partie civile, visent à obtenir l'accès aux pièces de l'enquête. Le parquet de Lyon a confirmé leur existence et indiqué qu'elles seraient jointes à l'enquête préliminaire en cours, confiée aux fonctionnaires de police lyonnais. Me Bertrand Sayn a déploré que le traitement de ces violences sous forme d'enquête préliminaire, plutôt que de les confier aux juges d'instruction déjà saisis, prive la défense d'éléments essentiels, notamment l'exploitation des téléphones.
Enjeux pour les droits de la défense
L'avocat a souligné que cette procédure empêche la défense d'exercer loyalement ses droits, en limitant l'accès à des preuves clés. Il a évoqué des photos prises par des agents du renseignement territorial, qui surveillaient les militants d'ultragauche attendus à la conférence. Ces clichés, montrant des membres de la Jeune Garde s'équipant de masques et cagoules, ont permis d'identifier et d'arrêter des suspects. La question de la coordination entre enquête préliminaire et information judiciaire reste centrale pour garantir l'équité du procès.
Quels sont les chefs d'accusation retenus ?
L'information judiciaire porte sur des chefs de meurtre, participation à une association de malfaiteurs et violences aggravées. Les plaintes visent spécifiquement des violences en réunion avec préméditation, armes et dissimulation du visage.
Quel est le rôle des services de renseignement ?
Des agents du renseignement territorial ont photographié les affrontements, ce qui a facilité l'identification des suspects. Ces éléments sont désormais au cœur des débats sur l'accès à la preuve.
Quelles implications pour les politiques publiques ?
Cette affaire soulève des questions sur la gestion des violences politiques et la nécessité de renforcer les mécanismes de coordination judiciaire pour garantir les droits de la défense, tout en maintenant l'ordre public.