Transport ferroviaire : l'essor mondial de la grande vitesse, une opportunité stratégique pour l'industrie française
L'Arabie saoudite et le Qatar ont officialisé lundi un accord de coopération pour la construction d'une infrastructure ferroviaire à grande vitesse, illustrant la dynamique mondiale de modernisation des transports collectifs et les perspectives favorables pour les entreprises françaises du secteur.
Un projet d'envergure régionale au Moyen-Orient
Cette ligne ferroviaire de 745 kilomètres reliera Riyad et Doha, ainsi que plusieurs métropoles régionales, avec une vitesse de pointe supérieure à 300 km/h. Le trajet entre les deux capitales sera effectué en deux heures environ, contre une heure et demie par transport aérien direct.
Le projet, dont l'achèvement est programmé dans six années, vise un objectif de transport de 10 millions de passagers annuels et devrait générer plus de 30 000 emplois directs et indirects, selon les estimations officielles.
Une expansion mondiale des réseaux à grande vitesse
Cette initiative s'inscrit dans une tendance globale d'expansion des infrastructures ferroviaires à grande vitesse. Initialement développée au Japon puis en France avec le TGV, cette technologie connaît une diffusion internationale accélérée.
La Chine dispose aujourd'hui du réseau le plus étendu au monde, avec des projets d'exploitation commerciale à 400 km/h. En Europe, l'Allemagne, l'Italie, la Belgique, les Pays-Bas et l'Espagne ont déployé leurs réseaux nationaux.
Opportunités pour l'industrie française
Aux États-Unis, les premières rames Alstom ont été mises en service en août dernier sur l'axe Boston-Washington-New York, atteignant 260 km/h en vitesse de croisière. Un projet californien entre San Francisco et Los Angeles demeure en développement, malgré des difficultés budgétaires.
Au Canada, le projet "Alto" entre Québec et Toronto, évalué à 80 milliards de dollars canadiens, a sélectionné un consortium incluant SNCF Voyageurs, Keolis et Systra pour sa première phase.
Développements en Afrique et en Asie
Le Maroc a inauguré sa première ligne Tanger-Casablanca en 2018, avec une extension vers Marrakech en projet. Alstom y fournit 18 rames pour 781 millions d'euros.
L'Égypte développe un réseau de 2 000 kilomètres, avec un premier tronçon de 660 kilomètres en phase de test. Ce projet de 7,5 milliards d'euros fait appel à Siemens Mobility pour 41 rames Velaro adaptées aux conditions désertiques.
Le Vietnam a approuvé fin 2024 un projet de 61 milliards de dollars pour relier Hanoï à Hô Chi Minh-Ville sur 1 500 kilomètres, réduisant le temps de parcours de 30 heures à cinq heures.
Cette expansion mondiale des infrastructures ferroviaires à grande vitesse constitue un vecteur de développement des échanges économiques et de modernisation des territoires, tout en offrant des perspectives commerciales significatives pour les entreprises françaises spécialisées dans ce secteur d'excellence.