Sécheresse : le gouvernement dévoile des prêts à taux zéro et un renforcement des contrôles
La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a présenté jeudi 8 octobre, lors du Sommet de l'élevage à Cournon-d'Auvergne, un ensemble de mesures destinées à soutenir les agriculteurs confrontés à une sécheresse historique. Parmi celles-ci figurent des prêts à taux zéro pour soulager les trésoreries, ainsi qu'un dispositif spécifique pour les jeunes installés récemment. Ces annonces interviennent alors que le plan d'urgence de plus d'un milliard d'euros, dévoilé en septembre, avait été jugé insuffisant par les syndicats agricoles.
Un plan de soutien complémentaire au budget 2027
Le gouvernement avait promis, dans le cadre du budget 2027, un plan de rebond pour l'agriculture. Toutefois, son absence dans la copie budgétaire initiale avait suscité des critiques. La ministre a tenu à préciser que « ce plan n'était pas pour solde de tout compte », annonçant des amendements à venir au Parlement. Les prêts à taux zéro, qui pourront couvrir un encours de deux milliards d'euros, visent à financer l'achat de fourrage et d'intrants. Les premiers décaissements sont attendus dès 2026, bien que la majorité des prêts soient programmés pour 2027, sous réserve de l'adoption du budget.
Des réactions contrastées parmi les syndicats agricoles
Les organisations syndicales ont accueilli ces annonces de manière nuancée. Jocelyn Dubost, président des Jeunes Agriculteurs, a salué des mesures « qui vont dans le bon sens », tout en soulignant que « tout n'est pas là ». Patrick Bénézit, vice-président de la FNSEA, a insisté sur la nécessité de respecter le calendrier pour garantir l'approvisionnement en fourrage des élevages durant l'hiver. À l'inverse, la Coordination rurale et la Confédération paysanne ont exprimé des réserves, dénonçant notamment l'absence de mesures sur le gazole non routier et un recours accru à l'endettement.
Assurance récolte et données satellitaires : des attentes fortes
Les éleveurs, réunis à Cournon-d'Auvergne, ont également fait part de leurs préoccupations concernant l'assurance récolte et l'évaluation des pertes par satellite. Le gouvernement a promis de publier mi-octobre une carte actualisée des zones touchées et d'organiser des réunions préfectorales pour confronter les données satellitaires aux observations de terrain. La ministre a indiqué vouloir faciliter les recours, une ouverture saluée par la FNSEA comme une reconnaissance des dysfonctionnements du dispositif.
Contrôles fiscaux et dégrèvement de la taxe foncière
Annie Genevard a par ailleurs annoncé un renforcement des contrôles fiscaux afin de garantir que les propriétaires de terres agricoles répercutent bien le dégrèvement de la taxe sur le foncier non bâti aux fermiers. L'enveloppe initiale de 350 millions d'euros pourrait être réévaluée, la ministre évoquant la possibilité d'« remettre au pot ». Stéphane Galais, porte-parole de la Confédération paysanne, a toutefois critiqué une mesure dont le coût pour l'État pourrait être supérieur aux prévisions, sans bénéficier directement aux exploitants.
Ces annonces s'inscrivent dans un contexte de tension budgétaire et de mobilisation sociale, alors que le gouvernement cherche à répondre aux attentes d'un secteur agricole éprouvé par des conditions climatiques exceptionnelles.
