Le Royaume-Uni déploie son groupe aéronaval en Atlantique Nord dans le cadre de la stratégie OTAN
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a officialisé samedi lors de la Conférence de Munich sur la sécurité le déploiement du groupe aéronaval britannique en Atlantique Nord et dans le Grand Nord pour l'année 2026. Cette initiative s'inscrit dans le cadre d'une coordination renforcée avec les partenaires de l'Alliance atlantique.
Un dispositif naval intégré dans la stratégie euro-atlantique
Le déploiement du HMS Prince of Wales, accompagné de navires de guerre de la Royal Navy, d'aéronefs F-35 et d'hélicoptères, constitue selon les autorités britanniques une démonstration forte de l'engagement pour la sécurité euro-atlantique. Cette mission s'effectuera en coordination avec les États-Unis, le Canada et d'autres alliés de l'OTAN.
Parallèlement, la France procédera également au déploiement de son groupe aéronaval sur la même zone géographique en 2026, témoignant d'une approche coordonnée des puissances européennes.
Réponse aux défis sécuritaires contemporains
Le ministère britannique de la Défense justifie ce déploiement par la nécessité de dissuader l'agression russe et protéger les infrastructures sous-marines vitales. Les données officielles indiquent une augmentation de 30% du nombre de navires russes menaçant les eaux britanniques au cours des deux dernières années.
Cette préoccupation trouve un écho dans les déclarations du chef d'état-major norvégien Eirik Kristoffersen, qui a évoqué auprès du Guardian les risques d'annexion territoriale dans la région arctique pour protéger les installations nucléaires russes de la péninsule de Kola.
Enjeux stratégiques de l'Atlantique Nord
L'Atlantique Nord représente un corridor stratégique pour les sous-marins russes transitant depuis leurs bases de la flotte du Nord et de la Baltique. Le passage GIUK (Groenland, Islande, Royaume-Uni) fait l'objet d'une surveillance particulière de la part des alliés occidentaux.
Cette zone connaît également des tensions liées aux déclarations américaines concernant le Groenland. Plusieurs pays européens, incluant la France, l'Allemagne, la Norvège et le Royaume-Uni, ont participé début janvier à l'exercice danois Arctic Endurance.
Vers une autonomie stratégique européenne renforcée
Lors de la même conférence de Munich, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a souligné la nécessité pour l'Europe de passer à la vitesse supérieure et d'assumer ses responsabilités en matière de défense, marquant une évolution dans l'approche sécuritaire continentale.
Le ministre britannique de la Défense John Healey a précisé que ce déploiement vise à rendre la Grande-Bretagne prête au combat, accroître la contribution à l'OTAN et renforcer les opérations avec des alliés clés.