Piratage de la DGFiP : 678 000 victimes, le gouvernement renforce la cybersécurité
Le piratage de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) a touché 678 000 particuliers et professionnels, dont 350 000 contribuables. Trois attaques successives, survenues en juin, juillet et août 2026, ont permis à des cybercriminels de dérober des données personnelles et fiscales. Le gouvernement a présenté ses excuses et annoncé un plan de sécurisation renforcé, tandis qu'une enquête a été ouverte par le parquet de Paris.
Que s'est-il passé exactement ?
Le 18 août 2026, la directrice générale des finances publiques, Amélie Verdier, a détaillé en conférence de presse les trois vagues d'attaques ayant visé le système d'information du fisc. La première, survenue fin juin, a été la plus importante : des données telles que l'identifiant fiscal, l'état civil, les coordonnées postales et électroniques, la situation fiscale, le revenu fiscal de référence, le nombre de personnes à charge et le taux de prélèvement à la source ont été consultées et extraites. Pour les professionnels, les données volées comprennent le numéro SIREN et les adresses de l'entreprise ou du mandataire.
La deuxième attaque, menée en juillet, a visé les données cadastrales issues du Serveur professionnel de données cadastrales (SPDC), reliant les parcelles à leurs propriétaires. La DGFiP a identifié, à ce jour, 433 485 particuliers et 1 082 professionnels concernés. Une troisième fuite, relative aux données de successions, a été rapidement interrompue et serait de moindre ampleur.
Malgré ces intrusions, aucune attaque n'a permis d'accéder à un compte fiscal ou de récupérer des codes d'accès sécurisés, a assuré Amélie Verdier.
Comment les hackers ont-ils procédé ?
L'attaque, décrite comme « plus sophistiquée que par le passé », a consisté à compromettre le compte d'un agent de l'administration en exploitant une faille de sécurité. Les cybercriminels ont évité les requêtes massives, plus facilement détectables, et ont détourné les identifiants d'un employé. Cet accès a été fermé immédiatement après sa découverte, mais les investigations n'ont pas permis de retracer l'ensemble des actions menées.
Le groupe ZeroBytes, composé de deux hackers français, a revendiqué les attaques. Il a annoncé sur le réseau social X que « les impôts, ce n'était que le début », évoquant d'autres cibles potentielles, notamment l'Éducation nationale. Le groupe explique sa motivation par l'appât du gain : il revend les données volées sur le dark web, pour des montants atteignant plusieurs dizaines de milliers d'euros.
Quelles mesures de protection pour les victimes ?
La DGFiP a commencé à informer les personnes concernées par courrier depuis le 17 août. Chaque courrier précise le type de données consultées ou volées et les précautions à prendre. Le processus d'information est progressif, car le recoupement des profils et l'alerte individuelle prennent du temps, a indiqué une source ministérielle.
Les victimes sont invitées à la vigilance face aux risques d'usurpation d'identité et de fraude. Il est recommandé de surveiller ses comptes et de ne pas répondre à des sollicitations suspectes se réclamant de l'administration fiscale.
Quel plan d'action pour l'État ?
Le gouvernement a réuni une cellule interministérielle le 17 août. Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a reconnu des « faiblesses » dans les systèmes d'information, malgré les 100 emplois dédiés à la cybersécurité et les 5 300 informations de la DGFiP cités par Amélie Verdier. Un plan d'action en plusieurs phases a été annoncé : renforcement de la lutte contre la compromission des comptes des agents, intensification de la formation cyber, déploiement de jetons USB pour une connexion sécurisée, et multiplication des campagnes internes de simulation d'hameçonnage.
Ce plan s'inscrit dans la continuité du plan de sécurisation numérique de l'État annoncé en avril 2026, qui prévoit la création de l'autorité de gouvernance « Ariane », un investissement de 200 millions d'euros dans la cybersécurité et l'intelligence artificielle, et l'obligation pour chaque ministère d'allouer 5 % de son budget au cyber dès 2027. Selon RMC, l'hypothèse d'un doublement du budget informatique annuel, évalué à 489,9 millions d'euros en 2025, est à l'étude, ce qui pourrait porter l'enveloppe à un milliard d'euros.
Questions fréquentes sur le piratage de la DGFiP
Quelles données ont été volées lors du piratage de la DGFiP ?
Les données volées incluent l'identifiant fiscal, l'état civil, les coordonnées postales, téléphoniques et électroniques, la situation fiscale, le revenu fiscal de référence, le nombre de personnes à charge, le nombre de parts et le taux de prélèvement à la source pour les particuliers. Pour les professionnels, il s'agit du numéro SIREN et des adresses de l'entreprise ou du mandataire.
Comment savoir si je suis concerné par la fuite de données ?
La DGFiP envoie des courriers individuels aux personnes concernées depuis le 17 août. Si vous n'avez pas reçu de courrier, vous n'êtes probablement pas directement concerné, mais il est conseillé de rester vigilant.
Que faire si j'ai été victime du piratage ?
Suivez les recommandations de la DGFiP dans le courrier reçu. Surveillez vos comptes bancaires et fiscaux, signalez toute activité suspecte et ne divulguez jamais vos identifiants en réponse à un e-mail ou un appel non sollicité.
Le gouvernement a-t-il prévu des mesures pour renforcer la cybersécurité ?
Oui, un plan d'action a été annoncé, comprenant le renforcement de la sécurité des comptes des agents, l'intensification de la formation et des simulations d'hameçonnage, ainsi qu'une augmentation potentielle du budget informatique de l'État.