Paul Seixas, un prodige de 20 ans face à l'histoire aux Mondiaux de cyclisme
À seulement 20 ans, le cycliste français Paul Seixas aborde les championnats du monde sur route, ce dimanche 27 septembre à Montréal, avec l'ambition de devenir le plus jeune champion du monde de l'histoire. L'absence du double tenant du titre, Tadej Pogacar, blessé lors de la dernière Vuelta, modifie la hiérarchie et place le Lyonnais parmi les grands favoris, aux côtés du Belge Remco Evenepoel.
Une trajectoire exceptionnelle
Trois jours après son vingtième anniversaire, Paul Seixas a déjà démontré l'étendue de son talent. Quatrième du dernier Tour de France, il a confirmé sa forme lors du contre-la-montre des Mondiaux, décrochant la médaille de bronze derrière Remco Evenepoel et Filippo Ganna, les deux meilleurs rouleurs de la planète. Lors du Grand Prix de Montréal, il n'avait été battu qu'au sprint par le Mexicain Isaac Del Toro, après avoir imposé un rythme soutenu.
« C'est une grande fierté d'être avec ces mecs-là. Les sensations sont bonnes, ça me donne encore plus de confiance. L'objectif, c'est de gagner. Avec la forme que j'ai en ce moment, ce serait une déception de faire autre chose », a déclaré le coureur en conférence de presse.
En cas de victoire, Paul Seixas deviendrait le plus jeune champion du monde de l'histoire, devant le Belge Karel Kaers, sacré en 1934 à 20 ans et 76 jours.
Une équipe de France entièrement mobilisée
Le sélectionneur Thomas Voeckler a fait le choix d'une stratégie claire : toute l'équipe de France est au service de son leader. Pavel Sivakov, coéquipier habituel de Tadej Pogacar chez UAE-Emirates, sera son lieutenant et apportera son expérience du plus haut niveau.
« Paul arrive avec un statut complètement changé. L'an passé, c'était un coureur qui découvrait. Maintenant, il vient avec l'ambition de gagner. Il a fait une saison extraordinaire et l'absence de Tadej change aussi son statut ici », a expliqué Sivakov.
Les autres membres de la sélection, comme Nicolas Prodhomme, Jordan Labrosse, Valentin Paret-Peintre ou Alex Baudin, ont tous exprimé leur adhésion à ce projet collectif. « Il n'y a pas de plan B », a résumé Prodhomme, tandis que Baudin a souligné l'importance de la cohésion : « La sélection, ce n'est pas juste sur la puissance et les résultats. C'est aussi sur la capacité à travailler en équipe et avoir ce petit truc en plus pour se dépouiller pour un leader. »
Un parcours exigeant et des adversaires redoutables
Le circuit montréalais, long de 273,7 kilomètres, s'annonce sélectif avec des raidillons à près de 6 % dans les 400 derniers mètres. Un profil qui pourrait convenir à Paul Seixas, capable de s'imposer aussi bien dans un scénario de course dur que dans un sprint en petit comité.
Les principaux rivaux, Mathieu Van der Poel, Wout Van Aert, Thomas Pidcock, Ben Healy ou Brandon McNulty, devront composer avec la puissance du Français, qui a prouvé qu'il pouvait rivaliser avec les meilleurs, comme lors de Liège-Bastogne-Liège où il fut le seul à tenir le rythme de Tadej Pogacar.
« On aura intérêt à durcir la course. Mais arriver avec un ou plusieurs coureurs peut aussi me convenir, parce que je ne suis pas non plus lent au sprint », a estimé Seixas.
L'équipe de France entend s'inspirer des succès de Julian Alaphilippe, titré en 2020 et 2021, pour offrir à Paul Seixas une première couronne mondiale et inscrire son nom dans l'histoire du cyclisme.